Quels sont les principaux enjeux de l'Est des Bouches-du-Rhône ?

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Vue panoramique Marseille
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C'est un territoire sensible à protéger, avec des zones urbanisées très denses, une population totale de 1 400 000 habitants et des espaces naturels à préserver.

Des épisodes de pollution : journées polluées aux particules et pics de pollutin en ozone sont fréquents. La pollution chronique quant à elle est néfaste pour la santé à  plus long terme.

Les principales zones à enjeux sont en dépassements des normes de qualité de l’air définies par  l’union européenne, et même en cours de contentieux pour les particules sur Marseille. Etat et collectivités fixent des programmes de réductions de la pollution ( Plan de Protection de l'Atmosphère 13, Plan d'Urgence pour la Qualité de l'Air...)

Afin d'accompagner les décideurs dans l’action, Air PACA s’appuie sur le comité territorial de l'Est des Bouches-du-Rhône. Celui-ci réunit les acteurs du territoire adhérents d'Air PACA, afin d’apporter des réponses aux besoins locaux et de mieux intégrer l'Air dans les plans et programmes du territoire. Un comité scientifique propose également une expertise complémentaire aux travaux d'Air PACA.

 

Image du territoire

En terme d'aménagement et d'activités, l'Est des Bouches-du-Rhône présente une composante plus urbaine que sur l'ouest du département, industriel. 

Ce territoire présente une forte densité de population, et un trafic important dans les villes et les sections interurbaines, même si des aménagements et des efforts sont prévus pour gagner sur la place de la voiture (L2, augmentation offre TC, requalification de quartier – Eco quartiers, de voirie, BHNS, …).

Les questions de transports et de mobilité semblent prédominantes, avec l’aménagement urbain et correspondent à des leviers importants d’amélioration.

Les activités sur la ville correspondent à des points d’attention à porter, comme les activités portuaires ou certaines activités industrielles (industries chimiques, CET, traitement des eaux, …) ou zones d’activités artisanales et de commerce.

Le pole pétrochimique important économiquement apporte parfois de la pollution sur les villes (Aix, Marseille, …)

Les niveaux de polluants qui ont un impact sur la santé humaine, sont en diminution. Cependant dans Marseille, la diminution est moins rapide que sur la tendance PACA.

Les valeurs limite sont dépassées localement ou ponctuellement dans l’année selon les polluants. Les populations des villes restent exposées aux Valeurs Limites. Elles le sont plus encore aux recommandations sanitaires de l’OMS.

 

 

Les zones à enjeux sur le territoire ?

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Les grandes zones urbanisées (Aix-Marseille, deuxième agglomération de France), les réseaux routiers et autoroutiers denses, les grands pôles industriels du territoire ont un impact important sur les émissions de polluants atmosphériques.

C'est à proximité des axes routiers et autoroutiers que l'on observe les concentrations les plus élevées en dioxyde d’azote. Les particules émises par le secteur résidentiel (utilisation du chauffage) et l’activité industrielle contribuent aussi à cette pollution.

La pollution à l'ozone touche de préférence les zones périurbaines et rurales du territoire : les polluants des transports routiers et des industries, sous l'effet d'un fort ensoleillement l'été génèrent la  formation de « pics d’ozone » sur l'arrière-pays.

 

Des spécificités dans l'Est des Bouches-du-Rhône :

 

Sur l'Est des Bouches-du-Rhone, les actualités, la qualité de l'air, les pollens, les signalements de nuisances (brûlages, odeurs, bruits, fumées, ..), et les évènements ou épisodes de pollution sont rassemblés dans les bulletins mensuels.

 

Quelles sont les populations exposées ?

La population des agglomérations est plus exposée aux oxydes d’azote alors que celle de la périphérie est davantage exposée à l’ozone.

L'exposition des populations est estimée par rapport à un risque de dépassement de valeurs réglementaires pour la population "résidente". 

En 2016, pour la population de la métropole :

  • 62 % de la population est soumise au risque de dépassement de la valeur cible à l’ozone (O3),
  • 4 % de la population (environ 71 000 personnes) est soumise au risque de dépassement de la valeur limite en dioxyde d'azote (NO2)*, dont moins de 1000 personnes sur le Conseil de Territoire (CT) du Pays d'Aubagne, environ 2000 personnes sur le CT du Pays d'Aix et 66 000 personnes sur celui de Marseille Provence.
  • 60 % de la population est soumise au risque de dépassement de la Ligne Directrice de l'OMS en particules (PM10)*. Les populations concernées sont au nombre d'environ 880 000 personnes sur le CT Marseille Provence, 114 000 personnes sur le CT du Pays d'Aix et environ 14 000 sur le CT du Pays d'Aubagne. La Valeur Limite pour les particules est quant à elle dépassée essentiellement près des axes de circulation et concerne une frange de popluation en 2016, mais encore : environ 1000 personnes sur le CT de Marseille Provence et moins de 1000 personnes sur les deux autres CT.

*Pour le NO2 et les PM10, il s’agit des populations urbaines des agglomérations telles que  Marseille, Aix-en-Provence, Aubagne...  résidant dans les centres villes et près des grands axes de circulation.

Cartes d'exposition chronique en 2016 aux oxydes d'azote et aux particules :

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DES ETUDES SUR LA SANTE

  • Selon l’étude Aphékom (2012) : "une diminution des concentrations moyennes annuelles de PM2,5 à la valeur guide de l'OMS (10 µg/m3) aurait permis un gain moyen d'espérance de vie de 7,5 mois à Marseille".
     
  • Selon la Commission européenne (2013) :
    • "Le but ultime est de passer aux standards de l’OMS, plus stricts que les valeurs limites actuelles"
    • "L’inaction coûte cher. Les bénéfices des propositions pour la santé permettront à la société d’économiser 40 milliards d’euros par an, soit 12 fois le coût de l’abattement de la pollution, qui devrait atteindre 3,4 milliards d’euros par an en 2030".

LES EFFETS SUR LA SANTE

 

 

Quels sont les leviers d'amélioration et les zones prioritaires d'actions ?

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Les Cartes Stratégiques Air  (ci-contre) sont un nouvel outil permettant de caractériser les zones prioritaires en terme d'actions (centres urbains et principaux axes routiers) jusqu'aux zones à préserver tels que le parc national des Calanques, les zones rurales, les massifs tels que de la Chaîne de l'Etoile, du Garlaban, et de la Sainte Victoire.

 

 

 

  • A Marseille, les voiries importantes sont en dépassement : autoroutes et départementales pénétrants dans la ville, grands boulevards, centre-ville très urbanisé et nord du centre-ville mêlant du trafic, du transit et du tissu industriel, …
  • Sur Aix-en-Provence les grands boulevards, le croisement des autoroutes A8/A51 et les quartiers ouest sont en dépassement.
  • Sur Aubagne, les dépassements sont observés sur les autoroutes, les voiries de ceinture et les quartiers d’activité du sud-est.

Les leviers d’améliorations passent par des approches globales :

  • Transports : réduire l’usage de la voiture, accentuer les modes doux, et améliorer le transport des marchandises, par la mise en place de Plan de Déplacement Urbain,
  • Industries : poursuivre les avancées technologiques pour limiter l’impact environnemental "air" tout en développant l’activité économique,
  • Aménagement du territoire, urbanisation et habitat : prendre en compte les enjeux ‘air, climat et énergie’ dans les politiques via les SCot (Schéma de Cohérence Territoriale) et le Plan de Protection de l'Atmosphère des Bouches-du-Rhône (préconisations pour réduire les  émissions de particules issues de la combustion de biomasse, du chauffage et du brûlage des déchets verts  (arrêté emploi du feu : chauffage et déchets verts),
  • Air intérieur : politiques en faveur de techniques et de matériaux moins polluants dans les bâtiments, mobiliser et sensibiliser les usagers,
  • Spécificités du territoire : prendre en compte des zones fragiles ou polluées (centres-villes, port, environnements industriels,…)
  • Communication/sensibilisation : porter à connaissance des élus, de la population, du jeune public et des personnes sensibles... Innover en intégrant la place du  numérique (quartiers connectés).

Quels sont les principaux secteurs d'activités émetteurs ?

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Dans l’Est des Bouches-du-Rhône, 3 Conseils de territoires sont présents : Marseille Provence, Pays d'Aix et Pays d'Aubagne.  Les émissions figurent ci-contre par CT ; elles sont issues de 6 secteurs principaux d’activités :

  • Le transport routier est le principal émetteur de NOx (88 % - Pays d'Aubagne ; 61 % - Pays d'Aix ; 47 % - Marseille Provence).  Il est également émetteur de particules (PM10), respectivement pour les CT ci-dessus à hauteur de 31 %, 39 % et 23 %.

  • Le secteur résidentiel/tertiaire est majoritairement à l'origine des émissions de PM2.5 (respectivement 41%, 33 % et 24 %) et de PM10 (29 %, 25% et 17 %).

  • Le secteur industriel, contribue surtout aux émissions de dioxyde de soufre et de particules (respectivement 36 %, 37 % et 22 %).

  • Le secteur production et distribution d'énergie est essentiellement emetteur de dioxyde de soufre et d'oxydes d'azote.

  • Le secteur agriculture/sylviculture/nature est le principal émetteur  en Composés Organiques Volatils Non Méthaniques (COVNM), avec 66% sur Pays d'Aix, 59 % sur Pays d'Aubagne et 24 % sur Marseille Provence. Ces composés (isoprène, monoterpènes…) proviennent de la végétation et sont des précurseurs dans le processus de formation de l’ozone sur le département.

  • Le transport non routier (port, aéroport, ferroviaire, fluvial) est majoritairement émetteur de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote et de particules ; cela est bien visible notamment sur Marseille Provence avec le trafic maritime.

 

Quel est le bilan énergétique ?

Photo pylone electrique (teaser)

 

 

 

 

 

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La quantité d’énergie "finale" consommée à l'échelle de la Métropole est de 7 456 173 tep/an (tonne équivalent pétrole par an), soit 46 % de l’énergie consommée en PACA.

 

 

 

 

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La production d’énergie "primaire" sur les Bouches-du-Rhône, s’élève  à 783 622 tep/an (soit 50 % de l’énergie produite en PACA). Cette production est d’origine électrique essentiellement, mais également fournie par les combustibles et le thermique.

 

 

Quel est le bilan des émissions des Gaz à Effet de Serre ?

Photo pesticides - tracteur dans les champs -

Sur la Métropole, sont émis 29 856 kilotonnes d’équivalent CO2 par an soit 93 % des émissions de GES sur le département. Elles sont principalement induites par les secteurs de l'industrie (54 %), de la production et distribution d'énergie (24 %), puis des transports rutiers (14 %).

Photo : l’épandage des engrais azotés minéraux et organiques produit du protoxyde d’azote (N2O)

 

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