Qualité de l'air et tendance sur les Bouches-du-Rhône

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La population est-elle exposée à la pollution dans le département des Bouches-du-Rhône ?

En 2016, sur les Bouches-du-Rhône, environ 72 000 personnes (4 % de la population résidente) sont encore exposées aux valeurs limites règlementaires européennes pour le dioxyde d’azote (NO2) et environ un millier pour les particules fines (PM10).

Les sources d’oxydes d’azote sont majoritairement celles du trafic automobile et les personnes exposées vivent dans les centre villes et aux alentours des axes routiers.

D’autre part, environ 71 % de la population du département (1 400 000 personnes) reste exposé au dépassement de la norme OMS pour les particules fines – valeur sanitaire de référence – et 62 % de la population est exposée au dépassement de la valeur cible européenne pour l’ozone - valeur de référence pour la pollution chronique.

Les sources de particules fines se partagent entre industries, transports et émissions du résidentiel/tertiaire (combustion des chauffages…). Même si des villes sont plus touchées, en raison d’une spécificité industrielle, ou de leur densité de population et de trafic, l’ensemble des Bouches-du-Rhône montre une pollution chronique et étendue aux particules.

Carte exposition population aux dépassements norme OMS NO2 PM10 Bouches-du-Rhône 2016

Pourcentage de la population concernée par le dépassement de la Ligne Directrice (LD) OMS pour le PM10 en 2016

Tendances des populations exposées aux normes OMS sur les Bouches-du-Rhône :

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% de la population des Bouches-du-Rhône exposée à des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) supérieurs à la valeur limite

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% de la population des Bouches-du-Rhône exposée à des niveaux de particules PM10 supérieurs à la valeur limite et à la ligne directrice de l’OMS 

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% de la population des Bouches-du-Rhône exposée à des niveaux en ozone supérieurs à la valeur cible UE (1 an)

 

Les zones à enjeux sur le territoire

C'est à proximité des axes routiers et autoroutiers et dans les villes du département (Marseille, Aix-en-Provence, Martigues, Aubagne, Arles, Salon, Port-de-Bouc, Marignane, Vitrolles, les Pennes Mirabeau…) que l'on observe les concentrations les plus élevées en dioxyde d’azote, avec une population d’autant plus exposée. En effet, au niveau des grandes agglomérations et des sections interurbaines, le trafic reste important, même si des aménagements et des efforts sont prévus pour gagner sur la place de la voiture (L2, augmentation de l’offre des transports en commun, requalification de quartier – Eco quartiers, de voirie, BHNS…). La Métropole Aix-Marseille Provence regroupe des zones d’activités artisanales et commerciales, une zone portuaire, un aéroport international qui font partie des sources de pollution en lien avec le trafic important de véhicules particuliers et de poids lourds associé et leurs activités propres.

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Cartes de l’indicateur combiné 2016 des concentrations des 3 polluants (NO2, PM10, O3)

Cette carte synthétique qualifie les zones ayant un niveau d’exposition à ces polluants plus ou moins élevés. Les grandes zones urbanisées, les réseaux routiers et autoroutiers denses, les grands pôles industriels du territoire, ports et aéroports, ont un impact important sur les émissions de polluants atmosphériques.

La carte des indices synthétique ne rend pas compte de toutes les zones à enjeux du département car elle n’est basée que sur 3 polluants règlementés.

Des polluants non réglementés d’intérêt sanitaire sont identifiés sur le département et l’activité industrielle en est une des sources principales. Des premières zones à enjeu sont identifiées au travers d’études en cours tels que SCENARII dont il faut aussi tenir compte.

 

Quels sont les principaux secteurs émetteurs ?

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Les transports, l’industrie, et le secteur résidentiel/tertiaire sont les trois principaux secteurs d’émissions des polluants réglementés qui restent préoccupants sur le territoire :

  • 59 % des NOx émis par les transports routiers et non routiers

  • 42 et 36% respectivement de PM10 et de PM2,5 émis par les industries et unités de traitement des déchets

  • Le secteur résidentiel tertiaire (chauffage, brulages...) est émetteur à hauteur de 17% pour les particules PM2,5 et 65 % des émissions de benzo(a)pyrène.

Le secteur agriculture, sylviculture et nature est le principal émetteur de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) avec 39 %. Ces émissions sont principalement induites par la végétation locale (terpène).

Les émissions polluantes du département représentent de 46 à 67 % des émissions régionales pour les principaux polluants : particules, oxydes d’azote et dioxyde de soufre.

 

Concentrations des polluants réglementés en baisse mais des situations de dépassement des valeurs limites

Même si la tendance est globalement à la baisse des concentrations en polluants – respectivement – 20 % pour le NO2 et – 41 % pour les PM10 en 10 ans -, cette dynamique est inégale selon les zones en fonction des disparités locales.

Tendance annuelle des concentrations NO2 (base 100) par site de mesure :

Tendance annuelle des concentrations NO2 Bouches-du-Rhône

Les concentrations de dioxyde d’azote ont baissé d’environ 20 % sur les Bouches du Rhône depuis l’année 2007. Cette diminution est moins rapide que celle de la Région PACA avec 23 %.

Sur les mesures, aux stations, depuis 2014, les 3 stations Aix-Roy René, Marseille-Plombières et Marseille- Rabatau dépassent la VL annuelle de 40 µg/m3, avec respectivement en 2016 : 44, 79, 49 µg/m3/h /an

En 2015, la station Marseille-Saint Louis, avec 44 µg/m3 dépasse aussi la VL.

Le seuil de recommandation de 200 µg/m3/h est dépassé chaque année sur la station Plombières, avec en 2016, 7 dépassements horaires.

Tendance annuelle des concentrations PM10 (base 100) par site de mesure :

Tendance annuelle des concentrations PM10 Bouches-du-Rhône

En 9 ans, les concentrations en particules fines sur les Bouches-du-Rhône ont diminué d’environ 41 %. Cette même tendance se retrouve pour PACA, avec une diminution de 39 %.

La VL annuelle (40 µg/m3/an) n’est pas dépassée depuis ces 3 dernières années sur les stations des Bouches-du-Rhône.

La VL journalière de 50 µg/m3/j à ne pas dépasser plus de 35 jours dans l’année, est aussi respectée. Mais le seuil de 50 µg/m3/j est tout de même approché : notamment sur Rabatau, avec 30 jours en 2016 supérieurs à 50 µg/m3. Sur les autres stations des Bouches-du-Rhône, ce nombre de journées polluées varie de quelques jours, à une vingtaine de jours.

Hormis les stations de mesure, les autres situations de dépassement sont connues. Elles résultent d’émissions du trafic routier, de l’industrie, et des chauffages, sur les villes ou autour des axes de trafic. Les villes concernées sur les Bouches-du-Rhône en 2016 sont celles de : Aix, Arles, Aubagne, Bouc Bel Air, Châteauneuf les Martigues, Ensuès, Fos, Gémenos, Jouques, Marseille, Martigues, Meyreuil, le Pennes Mirabeau, Port de Bouc, et Vitrolles.

 

Les épisodes de pollution sur les Bouches-du-Rhône

Le département des Bouches-du-Rhône reste le département le plus concerné par les épisodes de pollution en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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Historique depuis 2014 en ozone et 2015 en PM10 (Nota Bene : la méthode d’évaluation des épisodes de pollution en PM10 est différente entre 2014 et 2015 et ne permet pas la comparaison des épisodes sur ces deux années)

La tendance de ces dernières années est à l’amélioration bien que l’on note une relative stagnation ces 3 dernières années pour les pics de pollutions aux particules fines. Les fluctuations observées d’une année à l’autre sont en étroite relation avec des considérations météorologiques de type pluviométrie abondante ou canicule qui vont soit diminuer le nombre d’épisode soit les augmenter.