Qualité de l'air et tendance sur le territoire varois

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Carte ISA TPM Var 2016
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Dans le département  du  Var,  trois  principaux polluants  constituent  un  enjeu  sanitaire  et  environnemental : l’ozone (O3), les particules fines (PM10 et PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2). Quelles sont les zones où la population est la plus exposée ? Quels sont les secteurs d’activités qui émettent le plus de polluants ? Quels ont été les épisodes de pollution ?

La population varoise est-elle exposée à la pollution ?

En 2017, près de 6 000 personnes restent exposées au dépassement des valeurs limites pour les polluants réglementés (dioxyde d’azote et particules fines) dans le Var, notamment sur la côte très urbanisée et à proximité des grands axes routiers.

Pour le dioxyde d'azote :

Même si les niveaux de dioxyde d’azote ont baissé de 30 % depuis 2007 dans le Var, en zone urbaine et en situation de proximité du trafic routier, près de 6 000 varois restent exposés au dépassement de la valeur limite pour ce polluant (près de 10 000 en 2010 – population du Var : environ un million d’habitants).

Le département du Var est le troisième de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur concerné par le non-respect de cette norme, après les Alpes-Maritimes (82 000 personnes) et les Bouches-du-Rhône (56 000 personnes).

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Evolution de la population exposée au dépassement de la valeur limite annuelle en dioxyde d’azote en région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur

L’étroite zone côtière, très urbanisée, est la plus exposée au dépassement de la norme européenne pour le dioxyde d’azote, notamment à proximité des grands axes routiers. Le principal secteur émetteur d’oxydes d’azote est le trafic routier avec près de 86 % des émissions du département. (source : CIGALE 2015 version 2017).

Pour les particules fines :

Dans le département du Var, les niveaux en particules fines (PM10) respectent les valeurs limites réglementaires européennes depuis cinq années consécutives (de 2013 à 2017). A l’échelle de l’agglomération toulonnaise, le contentieux devrait arriver à échéance en 2018.

Toutefois, les niveaux en particules fines relevés restent supérieurs aux recommandations plus restrictives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans le sud du département. L’OMS établit un seuil à 20 µg/m3/an et la valeur réglementaire est de 40 µg/m3/an.

A l’échelle du Var près de 165 000 personnes résident dans une zone où le seuil OMS est dépassé (16 % de la population du département en 2017, contre 100 % de la population en 2010).

Des actions restent donc à mener sur les principaux secteurs émetteurs : chauffage résidentiel et trafic routier pour passer sous ce seuil sur l’ensemble du département.

pm10_83_2017.png

Habitants exposés (en pourcentage) au dépassement du seuil OMS (Ligne Directrice - LD) pour les particules fines PM10

Pour l'ozone :

Pour ce polluant issu de réactions photochimiques entre les polluants sous l’effet du rayonnement solaire, on estime que la totalité des habitants du Var vivent dans une zone en dépassement de ce seuil (99 % en 2010 – pas de tendance spécifique pour ce polluant, les variations dépendent de la météorologie estivale).

Parmi les précurseurs de l’ozone on retrouve les polluants d’origine industrielle et automobile mais aussi certains composés issus de la végétation.

A SAVOIR : Comprendre les normes européennes et sanitaires

La directive « Clean Air For Europe » - 2008 dicte les normes réglementaires européennes à respecter pour les polluants réglementés.

 

dioxyde d’azote (NO2)

particules fines PM10

ozone (O3)

normes

valeur limite

valeur limite

valeur cible

année application

2010

2005

2010

valeurs réglementaires

40 µg/m3 en moyenne annuelle

50 µg/m3/j à ne pas dépasser plus de 35 jours par an et 40 µg/m3/an

120 µg/m3/8h à ne pas dépasser plus de 25 jours par an, en moyenne sur 3 ans

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande des niveaux d'exposition au-dessous desquels il n'a pas été observé d'effets nuisibles sur la santé humaine ou sur la végétation. Les lignes directrices de l’OMS fixent la valeur annuelle en particules fines PM10 à 20 µg/m3, soit une concentration moyenne deux fois moins élevée que la valeur limite européenne.

Evolution de l'exposition de la population varoise aux PM10, NO2 et O3 d'après les seuils réglementaires entre 2010 et 2017 :

20180507_depassements_83.png

Les zones à enjeux sur le territoire

Le Var est un département hétérogène en termes de qualité de l'air et de ses enjeux.

La bande côtière urbanisée (Toulon, Fréjus Saint-Raphaël) et la proximité des grands axes de circulation du département (A8, A50, A57, axe de transit et de desserte des agglomérations) sont les zones sur lesquelles l’indice d'exposition est le plus élevé.

Cartes d'exposition de la population aux différents polluants (NO2, PM10, O3) en 2013, 2014, 2015 et 2016 :

Cartes d'exposition de la population aux différents polluants (NO2, PM10, O3) en 2013, 2014, 2015 et 2016 dans le Var

Ces cartes synthétiques qualifient les zones ayant un niveau d’exposition à ces polluants (NO2, PM10, O3) plus ou moins élevés. Quelle que soit l’année, le principal enjeu de qualité de l’air à Toulon est situé en proximité des axes routiers à fort trafic.

Sur les centres urbains denses, l’indice d’exposition oscille selon les années. L’évolution des émissions locales (résidentiel/trafic), les apports extérieurs (particules désertiques, ozone en provenance des Bouches-du-Rhône) combinés aux spécificités météorologiques de chaque année conduisent à ces variations.

Dans le reste du département, les sources d'émission de polluants sont moins nombreuses.

L'ozone (O3) y est le polluant problématique. La population de ces territoires reste exposée à une pollution chronique estivale.

Le Var dispose également d'enjeux plus locaux tels que :

  • La gestion des gênes olfactives à proximité des centres d'enfouissement

  • Les particules fines à proximité des carrières

  • Les interrogations/gênes induites par les panaches des activités portuaires ou de l'Unité de Valorisation Energétique de Toulon

  • L'impact des aménagements locaux sur la qualité de l'air (Toulon : impact des travaux du tunnel et de son ouverture...).

 

Quels sont les principaux secteurs émetteurs ?

Le Var contribue selon les substances de 2 à 31% des émissions de la région PACA. Les principaux secteurs émetteurs du territoire sont le transport routier et le secteur résidentiel/tertiaire (86% des émissions en NOx et 60 à 70% des émissions en particules fines PM10 et PM2,5). 

Contribution des sources aux émissions de polluants Var 2017

Des spécificités sont observées sur le Var pour certains polluants :

  • Pour le dioxyde de soufre (SO2), le transport maritime à quai sur Toulon et la Seyne-sur-Mer contribue à 9% des émissions du Var. Des émissions ont également lieu en mer et sur les phases d'approches le long du littoral.

  • Pour les Composés Organiques Volatils Non Méthanique (COVNM), le secteur agriculture/sylviculture/nature est le principal émetteur avec 86 % des émissions. La végétation émet un large éventail de composés (isoprène, monoterpènes…). Ces composés sont des précurseurs dans le processus de formation de la pollution photochimique à l’ozone sur le département.

Les polluants mesurés dans l’air ambiant ne se limitent pas aux émissions locales. Des contributions extérieures sont souvent suspectées lors des épisodes de pollution. Toutefois les phénomènes de pollution chronique et les épisodes de pollution sont aggravés dans les zones en proximité des sources d’émissions.

Pour la Consultation d’Inventaires Géolocalisés Air-cLimat-Energie : CIGALE http://cigale.airpaca.org/

 

Concentrations des polluants réglementés en baisse mais des situations de dépassement des valeurs limites

Tendance des concentrations en NO2 dans le Var depuis 2004 :

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Les niveaux de dioxyde d’azote ont baissé de 30 % depuis 2007 dans le Var, en zone urbaine et en situation de proximité du trafic routier. Cependant, les normes européennes à proximité des grands axes de circulation ne sont pas respectées.

 

 

 

 

Tendance des concentrations en PM10 dans le Var depuis 2007 :

pm10_var_2017.jpg

Les niveaux en particules fines (PM10) respectent les valeurs limites européennes depuis 5 années consécutives (de 2013 à 2017). Cependant, sur le territoire varois le seuil de l’Organisation Mondiale de la Santé, plus restrictif, reste dépassé.

 

 

Les épisodes de pollution sur le Var

Au total 13 jours d’épisodes de pollution ont été relevés en 2017 dans le Var, 6 pour l’ozone et 7 pour les particules fines.

Une procédure d’alerte aux particules fines a été déclenchée sur persistance des niveaux de pollution relevée sur Toulon le 6 décembre 2017.

Aucune procédure d’information-recommandations de la population n’a été activée pour le dioxyde d’azote depuis le 4 février 2011.

Episode de pollution, qu’est-ce que ça signifie ? En savoir plus sur les épisodes de pollution