Qualité de l'air et tendance des Alpes-Maritimes

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La population est-elle exposée à la pollution dans les Alpes-Maritimes ?

En 2017, près de 82 000 personnes personnes restent exposées au dépassement des valeurs limites pour les polluants réglementés (dioxyde d’azote et particules fines) dans les Alpes-Maritimes. L’étroite zone côtière très urbanisée est la plus exposée : une forte densité de population est concentrée autour des axes à fort trafic sur lesquels les normes sont dépassées.

Pour le dioxyde d'azote :

Les Alpes-Maritimes est le premier département de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur concerné par le non-respect des normes européennes en dioxyde d’azote.  Même si le nombre de personnes exposées à ce polluant a diminué de près de 50 % depuis 2010, plus de la moitié de la population régionale exposée au dépassement de la valeur limite pour le dioxyde d’azote est localisée dans le département des Alpes-Maritimes.

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Evolution de la population exposée au dépassement de la valeur limite annuelle en dioxyde d’azote en région Provence-Alpes-Côte d’Azur

L’étroite zone côtière très urbanisée est la plus exposée : une forte densité de population est concentrée autour des axes à fort trafic sur lesquels les normes sont dépassées.

Le trafic routier est le principal émetteur d’oxydes d’azote du département (84 % - source CIGALE 2015 version 2017).

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Niveaux de dioxyde d’azote sur le littoral des Alpes-Maritimes en 2017

Pour les particules fines :

Dans le département des Alpes-Maritimes, moins de 500 personnes restent exposées en 2017 au dépassement de la valeur limite en 2017 pour les particules fines PM10 (norme à respecter en 2005).

Les niveaux relevés sont nettement supérieurs aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En 2017, on estime que près de 300 000 personnes vivent dans une zone en dépassement du seuil OMS dans ce département (28 % contre 94 % en 2010).

Ces particules sont issues de l’activité industrielle, du trafic et du chauffage domestique.

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Habitants exposés (en pourcentage) au dépassement du seuil OMS (Ligne Directrice - LD) pour les particules fines PM10

Pour l'ozone :

Pour ce polluant, issu de réactions photochimiques entre les polluants sous l’effet du rayonnement solaire, on estime que près de 390 000 personnes des Alpes-Maritimes vivent dans une zone en dépassement de ce seuil (36 % contre 95 % en 2010).

Parmi les précurseurs de l’ozone on retrouve les polluants d’origine industrielle et automobile mais aussi certains composés issus de la végétation.

A SAVOIR : Comprendre les normes européennes et sanitaires

La directive « Clean Air For Europe » - 2008 dicte les normes réglementaires européennes à respecter pour les polluants réglementés.

 

dioxyde d’azote (NO2)

particules fines PM10

ozone (O3)

normes

valeur limite

valeur limite

valeur cible

année application

2010

2005

2010

valeurs réglementaires

40 µg/m3 en moyenne annuelle

50 µg/m3/j à ne pas dépasser plus de 35 jours par an

Et 40 µg/m3/an

120 µg/m3/8h à ne pas dépasser plus de 25 jours par an, en moyenne sur 3 ans

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande des niveaux d'exposition au-dessous desquels il n'a pas été observé d'effets nuisibles sur la santé humaine ou sur la végétation. Les lignes directrices de l’OMS fixent la valeur annuelle en particules fines PM10 à 20 µg/m3.

Concentrations des polluants réglementés en baisse excepté pour l'ozone

Evolution O3 PM10 NO2 dans les Alpes-Maritimes (1999-2017)

Evolution des niveaux de pollution dans les Alpes-Maritimes

 

Les zones à enjeux sur le territoire

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Les Alpes-Maritimes sont fortement impactées par la pollution chronique. La zone littorale urbanisée représente les principales "zones à enjeux" du territoire.

AtmoSud (nouveau nom d'Air PACA) adapte sans cesse la surveillance aux différents polluants émis dans ce territoire.

La zone densément urbanisée de Nice-Cannes-Antibes-Grasse cumule des problématiques liées au secteur résidentiel/tertiaire (chauffage) et celles du trafic routier (poids lourds).

Durant la période estivale, l’ensemble du territoire est exposé à une pollution chronique à l’ozone, en lien avec l’ensemble des rejets de ce territoire et aux conditions météorologiques de fortes chaleurs présentes en été.

La problématique des nuisances olfactives est relativement présente dans ce territoire en lien notamment avec le brûlage des déchets verts.

Tendance d'exposition

Cartes d'exposition de la population aux différents polluants (NO2, PM10, O3) en 2013, 2014, 2015 et 2016 :

Cartes d'indice d'exposition dans les Alpes-Maritimes de 2013 à 2016

Ces cartes synthétiques qualifient les zones ayant un niveau d’exposition à ces polluants (NO2, PM10, O3) plus ou moins élevés. Quelle que soit l’année, le principal enjeu de qualité de l’air à Nice est situé en proximité des axes routiers à fort trafic.

Sur les centres urbains denses, l’indice d’exposition oscille selon les années. L’évolution des émissions locales (résidentiel/trafic), les apports extérieurs (particules désertiques, ozone de l'est de la Région) combinés aux spécificités météorologiques de chaque année conduisent à ces variations.

Dans le reste du département, les sources d'émission de polluants sont moins nombreuses.

L'ozone (O3) y est le polluant problématique. La population de ces territoires reste exposée à une pollution chronique estivale.

Quels sont les principaux secteurs émetteurs ?

Emissions de NOx dans les Alpes-Maritimes en 2015

Emissions d'oxydes d'azote par secteur d'activité, CIGALE - 2015

La pollution, liée à l’urbanisation dense et quasi continue, provient essentiellement des transports. Les niveaux de dioxyde d’azote élevés, pouvant dépasser les valeurs limites, sont observés notamment à proximité des grands axes routiers (D6007, D6098, voie Pierre Mathis et Promenade des Anglais à Nice, boulevard Carnot à Cannes, pénétrante Cannes-Grasse D6185, route de Grasse à Antibes D35 et D35bis…) et autoroutier avec l’A8.A cette pollution, vient s’ajouter celle des particules fines émises par le secteur résidentiel (utilisation du chauffage en hiver) et l’activité industrielle comme dans les vallées des Paillons ou sur le Pays de Grasse.

Consulter Cigale : l'inventaire des émissions en PACA.