Qualité de l'air et tendance des Alpes-Maritimes

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Le département des Alpes-Maritimes, de par sa topographie partagée entre littoral et montagne, offre une répartition contrastée de la pollution. Le littoral, de Théoule-sur-Mer à Menton, regroupe la majorité de la population. Très urbanisée, cette étroite zone côtière est ainsi soumise à une pollution urbaine générée majoritairement par les transports et le secteur résidentiel (utilisation du chauffage). L’activité industrielle contribue aussi localement à cette pollution. L'arrière-pays, plus rural et majoritairement constitué d'espaces naturels, dont le Parc National du Mercantour et le parc des Préalpes d'Azur, est moins concerné par cette pollution urbaine. Tout comme le moyen-pays, il est davantage exposé à une pollution photochimique en période estivale, liée à la remontée des masses d'air pollué en provenance de la côte.

L’ensemble du département est également soumis à une pollution particulaire liée au brûlage de déchets verts, pratique interdite mais encore largement utilisée.

Améliorer la qualité de l’air, une question de santé

La pollution de l'air est un enjeu fort de santé publique. L'INVS assure un programme de suivi Air et Santé en région pour documenter les impacts des polluants de l'air sur la mortalité et la morbidité et s'appuie notamment sur l'expertise d'Air PACA afin d'évaluer les populations exposées aux pollutions chroniques et quotidiennes sur la Région.

Bien que la qualité de l'air soit majoritairement à l’amélioration ces dernières années (tendance à la baisse pour les concentrations de PM10 et NO2), près de 97000 personnes sont encore exposés en 2016 à un dépassement d'une des valeurs limites européennes. A terme, l'objectif est d'atteindre les standards sanitaires de l'OMS, ce qui n'est aujourd'hui pas le cas pour 9 % de la population des Alpes-Maritimes.

Evolution O3 PM10 NO2 dans les Alpes-Maritimes (1999-2017)
Evolution des niveaux de pollution dans les Alpes-Maritimes

L’estimation de la population exposée est calculée par rapport au risque de dépassement de valeurs réglementaires pour les populations résidentes concernant les particules fines PM10, le dioxyde d’azote NO2 et l’ozone O3.

Pour le NO2 et les PM10, il s’agit des populations résidentes dans les zones urbanisées du littoral (Antibes, Cannes, Grasse, Menton, Nice, …) ainsi que les populations du territoire situées près des grands axes de circulation (autoroute A8, RN7, pénétrante, RN58, RN 6002…).

En 2016, 36 % de la population est soumise au risque de dépassement de ligne directrice OMS en PM10 (20 µg /m3 en moyenne annuelle) et 9 % de la population est soumise au risque de dépassement de la ligne directrice de l'OMS en NO2 (40 µg /m3 en moyenne annuelle). 37 % des habitants du département sont soumis à un risque de dépassement de la valeur cible à l’ozone (valeur de référence pour la pollution chronique). Cette pollution chronique à l’ozone est davantage présente en milieu rural, du fait de son processus de formation.

Même si les pics de pollutions sont peu nombreux, l'enjeu sanitaire reste de taille, puisque la population est exposée à une pollution chronique ayant un impact avéré sur la santé.

Bien que les tendances sur les Alpes-Maritimes soient majoritairement à l’amélioration, des actions complémentaires restent nécessaires pour atteindre les seuils de recommandations de l’OMS et les valeurs de références européennes sur l’ensemble du département.

Les zones à enjeux sur le territoire

Les Alpes-Maritimes sont fortement impactées par la pollution chronique. La zone littorale urbanisée représente les principales "zones à enjeux" du territoire.

carte indice exposition multipolluants en PACA en 2016
Carte d'exposition de la population aux différents polluants (NO2, PM10, O3) en 2016

Air PACA adapte sans cesse la surveillance aux différents polluants émis dans ce territoire.

La zone densément urbanisée de Nice-Cannes-Antibes-Grasse cumule des problématiques liées au secteur résidentiel/tertiaire (chauffage) et celles du trafic routier (poids lourds).

Durant la période estivale, l’ensemble du territoire est exposé à une pollution chronique à l’ozone, en lien avec l’ensemble des rejets de ce territoire et aux conditions météorologiques de fortes chaleurs présentes en été.

La problématique des nuisances olfactives est relativement présente dans ce territoire en lien notamment avec le brûlage des déchets verts.

 

 

 

 

 

Cartes d'exposition de la population aux différents polluants (NO2, PM10, O3) en 2013, 2014, 2015 et 2016 :

Cartes d'indice d'exposition dans les Alpes-Maritimes de 2013 à 2016

Ces cartes synthétiques qualifient les zones ayant un niveau d’exposition à ces polluants (NO2, PM10, O3) plus ou moins élevés. Quelle que soit l’année, le principal enjeu de qualité de l’air à Nice est situé en proximité des axes routiers à fort trafic.

Sur les centres urbains denses, l’indice d’exposition oscille selon les années. L’évolution des émissions locales (résidentiel/trafic), les apports extérieurs (particules désertiques, ozone de l'est de la Région) combinés aux spécificités météorologiques de chaque année conduisent à ces variations.

Dans le reste du département, les sources d'émission de polluants sont moins nombreuses.

L'ozone (O3) y est le polluant problématique. La population de ces territoires reste exposée à une pollution chronique estivale.

Quels sont les principaux secteurs émetteurs ?

Emissions de NOx dans les Alpes-Maritimes en 2015
Emissions d'oxydes d'azote par secteur d'activité, CIGALE - 2015

La pollution, liée à l’urbanisation dense et quasi continue, provient essentiellement des transports. Les niveaux de dioxyde d’azote élevés, pouvant dépasser les valeurs limites, sont observés notamment à proximité des grands axes routiers (D6007, D6098, voie Pierre Mathis et Promenade des Anglais à Nice, boulevard Carnot à Cannes, pénétrante Cannes-Grasse D6185, route de Grasse à Antibes D35 et D35bis…) et autoroutier avec l’A8.A cette pollution, vient s’ajouter celle des particules fines émises par le secteur résidentiel (utilisation du chauffage en hiver) et l’activité industrielle comme dans les vallées des Paillons ou sur le Pays de Grasse.

Consulter Cigale : l'inventaire des émissions en PACA.

Une surveillance au-delà du réglementaire

Les pesticides, présents à la ville comme à la campagne, sont mesurés dans les Alpes-Maritimes depuis 2012. Tout d'abord à Cannes en 2012 et 2013 puis à Nice depuis 2014. Entre 2012 et 2016, le nombre de pesticides détectés est en baisse.

Consulter les bilans pesticides en ligne

Pourquoi est-ce important de mesurer les pesticides dans l’air ?
Il est essentiel de connaître l’exposition aérienne des populations vis-à-vis de ces substances phytosanitaires. Pour cela, une base de données a été créée afin d’établir un état des lieux des niveaux de pesticides dans l’air, mieux comprendre l’évolution des concentrations dans les différents secteurs (parcs et jardins, milieux agricoles, viticoles…), mais également pour informer les différents publics et accompagner les acteurs de la santé et de l’agriculture. Jardiner autrement, c’est aussi préserver sa santé !

Le black carbon (BC) ou carbon suie : mesure en continu en Nice

Le BC est issu de la combustion incomplète de combustibles d’origine fossile ou de la biomasse. Ses sources principales sont la combustion des moteurs véhiculaires (diesels essentiellement), le chauffage résidentiel au bois, au fioul et au charbon, le brûlage de déchets verts et agricoles, les incendies de forêts.

Le site de mesure de Nice se caractérise par les contributions de la combustion du bois les plus importantes qu'à Marseille et Port-de-Bouc. Les conditions météorologiques ont une forte influence sur les niveaux de black carbon : plus la stabilité atmosphérique est forte, plus il y a accumulation des polluants et donc de fortes concentrations mesurées.

Consulter les rapports d'étude sur la composition chimique des particules PM10 à Marseille, Nice et Port-de-Bouc