Quel bilan pour les particules en 2016?

Panache de fumées à Marseille liées aux incendies du 10 aout - illustration pollution aux particules fines
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Au regard des valeurs réglementaires européennes, la pollution aux particules en 2016 est en baisse, ces dix dernières années. Le nombre de jours de pics, tout comme la pollution de fond, diminue notablement avec quelques variations liées aux conditions météorologiques.

Même si la situation s’améliore, 86 % de la population reste exposée à des niveaux de particules supérieurs aux valeurs sanitaires recommandées par l’OMS. Cet organisme estime également que les particules sont nocives pour la santé quel que soit le seuil auquel on les mesure.

Air PACA propose aux territoires de les accompagner dans leur diagnostic et d’aider les décideurs à engager les actions prioritaires pour réduire les émissions de particules.

 

La majeure partie de la population de PACA respire un air dépassant les recommandations sanitaires.

Les pôles urbains denses, la zone industrielle de Fos-Berre et la vallée du Rhône restent les zones de plus forte exposition de la population à la pollution aux particules. Plus localement, les zones résidentielles où sont pratiqués le brûlage des déchets végétaux ou le chauffage au bois peuvent également être concernées par des concentrations de particules plus élevées qu’ailleurs. Les fonds de vallée sont également un critère favorisant l’accumulation des particules.

Répartition des niveaux en particules (PM10) 2015 en PACA

Carte représentant le 36e jour le plus élevée en particules. Cette information est basée sur la  valeur réglementaire -50 µg/m3 – ne doit pas être dépassé plus de 35 jours/an.

 

Depuis 2008, selon les années, entre 0% et 16% de la population des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse[1] vit dans une zone où la Valeur Limite pour la protection de la santé (50 µg/m³ en moyenne journalière à ne pas dépasser plus de 35 jours par an selon la règlementation européenne) est dépassée. En 2016, ce chiffre est de 14 000 personnes, soit moins de 1% de la population.

La Ligne Directrice de l’OMS (20 µg/m³ en moyenne annuelle), elle, était dépassée pour l’ensemble de la population de ces quatre départements jusqu’en 2013. En 2014 et 2015, on estime  que 86% de la population y est encore soumise.

 

Valeur Limite réglementaire pour les PM10 en PACA

Population habitant dans une zone dépassant la Valeur Limite réglementaire pour les PM10 en PACA

 

Bilan pm10 Population habitant dans une zone dépassant la Ligne Directrice de l’OMS pour les PM10 en PACA

Population habitant dans une zone dépassant la Ligne Directrice de l’OMS pour les PM10 en PACA

population totale de la région : 4 935 000 habitants

On estime  48 000 morts prématurés liées à la pollution aux particules.

Il est nécessaire de rappeler que les principaux effets sur la santé de la population ont lieu en dessous des seuils réglementaires. Selon l’OMS, « … la recherche n’a pas permis d’identifier des seuils en deçà desquels les effets indésirables ne se produisent pas, il faut souligner que les valeurs indicatives fournies ici ne permettent pas de fournir une protection sanitaire totale. » (Lignes directrices OMS relatives à la qualité de l’air : particules, ozone, dioxyde d’azote et dioxyde de soufre - Mise à jour mondiale 2005).

 

Au regard de la règlementation, une tendance à l’amélioration, à la fois sur le nombre de pics de pollution et sur le niveau de pollution chronique

En 2016, on enregistre encore 81 jours ou au moins un site de mesure de la région a dépassé le seuil règlementaire d’information (50 µg/m³/jour). Ce nombre est en baisse depuis une dizaine d’années, avec des variations selon les années liées à la météo. Les dépassements du seuil d’alerte suivent la même tendance, pour arriver à 3 jours en 2016.

Nombre de jours avec au moins une station sur la région dépassant le seuil d’information et de recommandations (SIR) ou le seuil d’alerte (SA) pour les PM10
Nombre de jours avec au moins une station sur la région dépassant le seuil d’information et de recommandations (SIR) ou le seuil d’alerte (SA) pour les PM10

 

Les niveaux de pollution chronique, qui ont le principal impact sur la santé, sont également en baisse depuis une dizaine d’années.

Concentrations moyennes en PM10 et PM2.5 sur les stations de la région PACA

Concentrations moyennes en PM10 et PM2.5 sur les stations de la région PACA

 

Cette amélioration est essentiellement due au durcissement de la réglementation sur les émissions des activités industrielles et des véhicules, ainsi qu’à la fermeture de plusieurs pôles industriels. Les secteurs résidentiels et agricoles, eux, n’ont que peu progressé ces dernières années.

 

Quelles sont les actions menées sur le territoire pour lutter contre la pollution chronique?

Pour les collectivités et l’État, des mesures complémentaires sont déjà actives :

  • Des mesures nationales ont été engagées dans le cadre des lois Grenelle. Un Plan Particules  a été mis en place en juillet 2010 afin de réduire les émissions.

  • Au niveau régional, la révision des Plans de Protection de l’Atmosphère (PPA) est en cours sur les zones visées par le contentieux européen afin d’engager des mesures spécifiques à ces territoires.

 

Air PACA accompagne les acteurs pour définir les actions prioritaires pour réduire les émissions de particules

Les secteurs émetteurs de particules en PACA (en kg/an)

Les causes de cette pollution sont multiples, ce qui nécessite d’agir sur l’ensemble des secteurs émetteurs de particules. En PACA, il s’agit :

  • du transport routier à 30 %

  • du secteur résidentiel et tertiaire à 27 %

  • de l’industrie et de la production et distribution de l’énergie à 34 %

Parmi les mesures préconisées, citons:

  • Le secteur résidentiel qui va devoir mieux maîtriser ses émissions. Les installations de chauffage, au bois et au fuel notamment, seront mieux contrôlées,

  • L’interdiction de brûlage des déchets verts (pour les particuliers et les professionnels) est rappelée aux Communes et la plupart des dérogations seront supprimées,

  • Les filtres à particules sur véhicules diesel devront être généralisés

  • Des solutions d’arrosage devront être mises en œuvre dans les carrières.

 

 

A SAVOIR :
Il est interdit de brûler ses déchets végétaux, sauf dérogation liée à la lutte anti-incendie et dans des conditions très spécifiques.
Brûler des déchets végétaux à l’air libre, surtout s’ils sont humides, provoque l’émissions de fortes quantités de particules en suspension chargées en différents polluants (hydrocarbures aromatiques polycycliques, lévoglucosan…) : 50 kg de déchets verts brûlés émettent autant de particules que plus de 5 000 km parcourus avec un véhicule diesel récent.
Les déchets verts peuvent être utilisés, après broyage, pour faire du paillage ou du compost ou peuvent être amenés en déchetterie. Renseignez-vous auprès de votre mairie pour connaitre les débouchés à votre disposition.

[1] Les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes ne sont pas encore couverts par les modèles fines échelles capables de fournir ces estimations.