Chronique
26 février 2016
Outils de surveillance et information
Etat des lieux qualité de l’air

Déménager pour changer d’air ? Pas si simple

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Régulièrement les médias proposent des comparatifs entre villes où l’air serait plus ou moins sain. Un raccourci trompeur, tant d’une année à l’autre la situation peut varier. Préférez quelques précautions à observer, où que vous viviez..

Mme et M. Jordaels pensaient passer une retraite au soleil, et au bon air. Pari gagné, mais à 50%, pour ce couple belge. Les odeurs émanant d’un centre de stockages de déchets urbains du centre Var n’étaient pas prévus dans le contrat de vente de la villa qu’ils ont acquise.

Pour Air PACA, il ne faut pas trop compter sur les comparatifs « bon air/mauvais air » que publient régulièrement les journaux. Chaque ville a ses spécificités en termes d’air et dans une même agglomération, on pourra trouver des situations très différentes.

Sur près de 600 demandes d’information reçues par Air PACA l’an passé, 30% émanaient d’agents de collectivités et 20% de particuliers. Parmi ceux-ci, des personnes ayant un problème respiratoire interrogent Air PACA pour savoir où respirer un air sain. En l’absence de « ville podium », il leur est conseillé d’observer les sources d’exposition à proximité de leur (futur) habitat : un axe de circulation important, une rue « canyon » dans laquelle les polluants stagnent, une entreprise émettrice de polluants atmosphériques…

Depuis septembre 2015, Mme et M. Jordaels comme tous les habitants de PACA peuvent en savoir plus sur leur cadre de vie. Air PACA publie sur son site internet la qualité de l’air de chaque commune de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une fois le code postal saisi, vous trouvez les prévisions du jour, du lendemain, un historique des 7 derniers jours, les dispositifs préfectoraux qui ont été éventuellement activés, les incidents… S’y ajoutent les actualités de la commune, les publications et les études en cours, les alertes (pic de pollution, incident, dispositif préfectoral)... Une mine d’informations !

Bon air, mais variable, toute l’année

S’attacher, sur le site d’Air PACA, à la carte de la qualité de l’air, et zoomer sur la ville de Manosque, vous apprendra qu’en 2013 la qualité de l’air y fut, en moyenne, plus mauvaise qu’en 2014. « Un été particulièrement chaud, et les mêmes polluants, émis peut-être à cinquante kms, se transformeront plus en ozone, affectant les gens aux bronches fragiles. Et ceux-là passeront peut-être l’été suivant sans souci. La seule véritable explication, se trouvera dans les conditions météo de l’été : moins d’ensoleillement et plus de mistral.

L’accroissement de la circulation automobile, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, va générer des quantités de particules fines. Mais là aussi, c’est le nombre de journées ventées, ou les phénomènes associés à l’inversion de températures, qui feront la plus ou moins bonne qualité de l’air.

Localement la situation peut s’améliorer avec le temps, ou s’aggraver…

Toutefois, quelques données enregistrées au long cours permettent de percevoir des tendances territoriales. Ainsi des pollutions soufrées, qui accompagnaient l’industrie jusqu’aux années 2000, s’estompent année après année.

Les politiques d’amendes aux pollueurs, et les progrès technologiques dans le domaine des filtres industriels ont fait reculer cette pollution. Elle avait pourtant marqué la région marseillaise, y compris l’Etang de Berre, durant des décennies. Mais l’abandon progressif du charbon comme mode de chauffage urbain, et la désindustrialisation de territoires comme Marseille Nord, ont aussi leur part dans cette évolution.

Pourtant, de sources méconnues de pollution viennent contrecarrer prévisions et situations locales. Comment la population, au long de la vallée de la Siagne (06) comme dans d’autres vallées, aurait-elle pu savoir que le brûlage sauvage de déchets verts, prendrait une telle ampleur ? Interdite pourtant, cette pratique ne faiblit guère. Un tas de branchages qui se consume équivaut à la pollution d’une auto qui roule durant 3 000 km !

La pollution est l’affaire de tous. De même que chaque citoyen y contribue, chacun peut agit pour améliorer l’air qu’il respire. Réfléchissons à certaines habitudes et remplaçons-les par des bons gestes : se déplacer autrement qu’en voiture individuelle, aller à l’école à pied, aérer quotidiennement son logement…