Une surveillance accrue au-delà des exigences réglementaires

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Paysage ville de Fos-sur-Mer
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Historiquement, l’industrialisation de l'Etang de Berre s’est structurée dans les années 1970 et s’est accompagnée d’un essor démographique. Cette densification urbaine et industrielle a entrainé d’importantes modifications de l’environnement. A la dégradation de la qualité de l’eau de l’étang liée aux rejets des industries locales et des communes environnantes s’est ajouté une qualité de l’air préoccupante en lien avec les rejets des industries, du trafic routier, du chauffage urbain, du trafic maritime ou encore de l’activité aérienne. Bien que cette situation se soit améliorée depuis plus d’une dizaine d’années, l’ouest des Bouches-du-Rhône reste sous étroite surveillance que ce soit sur le plan des nuisances olfactives que sur l’aspect sanitaire, avec cette problématique inquiétante de "l'effet cocktail" (mélange de polluants).

 

Une surveillance réglementée qui ne suffit plus

Depuis 1972, l'association  Airfobep devenue Air PACA, est très présente sur le territoire de l’Etang-de-Berre. L’Ouest des Bouches-du-Rhône constitue un des pôles industriels les plus importants de l’hexagone. Il ne couvre cependant pas l’ensemble de l’activité industrielle de la région et il existe sur l’ensemble du territoire un certain nombre d’activités (arômes et parfums, carrières, centrales électriques…) qui contribuent localement à la pollution atmosphérique. Les outils classiques de surveillance, comme le SO₂, ne suffisent plus pour rendre compte de la réalité complexe de la pollution industrielle.

Les moyens dédiés à cette thématique ont toujours été importants au sein d’Air PACA mais méritent d’être encore renforcés pour répondre aux interrogations sur le sujet. La demande sociétale impose de prendre en compte de plus en plus de substances ayant un impact sur la santé ou l’environnement. Le dispositif de surveillance doit s’adapter continuellement à ces exigences.

Air PACA a ainsi renforcé la surveillance des composés d’intérêt sanitaire et réalisé des études ciblées pour mieux connaître les polluants spécifiques à la zone. Des campagnes de mesures temporaires sont menées régulièrement pour affiner la surveillance du territoire et caler les modèles, notamment concernant des polluants non règlementés mais présentant un intérêt sanitaire, comme le butadiène, le mercure, l’ammoniac, le dichloroéthane, le benzène ou le toluène. La surveillance est adaptée en fonction des émissions locales et autres polluants d’intérêt sanitaire.

 

Améliorer la qualité de l’air, une question de santé

La pollution de l'air est un enjeu fort de santé publique. L'INVS assure un programme de suivi Air et Santé en région pour documenter les impacts des polluants de l'air sur la mortalité et la morbidité et s'appuie notamment sur l'expertise d'Air PACA afin d'évaluer les populations exposées aux pollutions chroniques et quotidiennes sur la Région.

Bien que la qualité de l'air soit majoritairement à l’amélioration ces dernières années (tendance à la baisse pour les concentrations de PM10 et NO2), 4 000 habitants sont encore exposés en 2015 à un dépassement d'une des valeurs limites européennes. A terme, l'objectif est d'atteindre les standards sanitaires de l'OMS, ce qui n'est aujourd'hui pas le cas pour 76 % de la population du territoire dans l'ouest des Bouches-du-Rhône.

Tendance PM10 et NO2 de 2007 à 2016 dans l'ouest des Bouches-du-Rhône

Tendance de la pollution au dioxyde d'azote (NO2) et aux particules fines (PM10) sur les dix dernières années dans l'ouest des Bouches-du-Rhône

L’estimation de la population exposée est calculée par rapport au risque de dépassement de valeurs réglementaires pour les populations résidentes concernant le dioxyde de soufre SO2, les particules fines PM10, le dioxyde d’azote NO2 et l’ozone O3.

Pour le NO2 et les PM10, il s’agit des populations résidentes dans les centres villes d’Arles, Salon-de-Provence et Marignane ainsi que les populations du territoire situées près des grands axes de circulation (Vitrolles, Châteauneuf-les-Martigues…).

En 2015, 88 % de la population est soumise au risque de dépassement de ligne directrice OMS en PM10 (20 µg /m3 en moyenne annuelle), 70 % de la population est soumise à un risque de dépassement de la valeur cible à l’ozone (valeur de référence pour la pollution chronique) et 11 % de la population est soumise au risque de dépassement de la ligne directrice de l'OMS en NO2 (40µg /m3 en moyenne annuelle).

Même si les pics de pollutions diminuent favorablement, l'enjeu sanitaire reste de taille, puisque la population est exposée à une pollution chronique ayant un impact avéré sur la santé.

 

Les zones à enjeux sur le territoire

L'ouest des Bouches-du-Rhône est fortement impacté par la pollution chronique. Le pourtour de l’étang de Berre, de la ville de Berre-l’Etang jusqu’à celle de Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône représentent les principales "zones à enjeux" du territoire. 

Carte indice annuel d'exposition multipolluants en région PACA pour 2016

Carte d'exposition de la population aux différents polluants (NO2, PM10, O3) en 2016

Air PACA adapte sans cesse la surveillance aux différents polluants émis dans ce territoire.

La zone densément urbanisée de Rognac-Vitrolles-Marignane cumule des problématiques liées aux rejets de sources industrielles et celles du trafic routier (poids lourds).

Durant la période estivale, l’ensemble du territoire est exposé à une pollution chronique à l’ozone, en lien avec l’ensemble des rejets de ce territoire et aux conditions météorologiques de fortes chaleurs présentes en été.

La problématique des nuisances olfactives est relativement présente dans ce territoire en lien notamment avec le caractère industriel de ce secteur.

 

Quels sont les principaux secteurs émetteurs ?

Les différentes sources présentes dans le territoire sont à l’origine d’émissions polluantes atmosphériques qui représentent de l’ordre de 30 % des émissions atmosphériques de PACA.

Contribution des différentes sources dans les émissions de l'ouest des Bouches-du-Rhône en 2016

Les sources industrielles sont majoritaires pour bons nombres de composés émis à l’atmosphère.

Les polluants mesurés dans l’air ambiant ne se limitent pas aux émissions locales. Des contributions extérieures sont souvent suspectées lors des épisodes de pollution.

Consulter Emiprox : l'inventaire des émissions en PACA.