Actualité
28 juillet 2017
Bois et déchets verts
Etat des lieux qualité de l’air

Qualité de l’air et incendies en région PACA

incendie_fotolia_138170568_m.jpg
Partager :

Cette semaine a été marquée par les nombreux feux de forêts dans les départements du Vaucluse, du Var, des Bouches-du-Rhône notamment.  Le premier feu s’est déclaré lundi 24 juillet  en fin de matinée sur la commune de la Bastidonne (84).

Une augmentation des concentrations en particules à Brignoles

Avec le fort vent de nord-ouest, les fumées se sont propagées jusqu’à Brignoles où la station de mesure de la qualité de l’air permanente d’Air PACA a pu enregistrer une hausse conséquente du taux de particules fines dans l'air, passant de 35 µg/m3 (à 12h) à 98 µg/m3 (à 15h) puis après une légère baisse est remontée à 115 µg/m3 à 19h. Les reprises de l’incendie ajoutées au feu d’Artigues sont certainement à l’origine des concentrations horaires autour de 50 µg/m3 relevées le 25 juillet entre 16h et 23h. Les autres sites de mesure permanent à proximité, comme Manosque ou Aix, n’étant pas situés sous le vent de l’incendie, n’ont pas montré de hausse significative des niveaux de particules.

Pour les deux autres incendies majeurs du Golfe de Saint-Tropez (Croix-Valmer et Bormes-les-Mimosas) ou ceux autour de Martigues (13), les vents forts ont transporté les fumées vers la mer. Ces dernières ont pu atteindre la Corse et la Sardaigne, comme l’indique la carte de Météo France ci-dessous (source Twitter).

L’impact direct de ces incendies sur la qualité de l’air n’a pu être mesuré mais un rapport1 de l'agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, indique que "les niveaux atteints dans l’air ambiant à court terme (quelques heures à quelques jours) peuvent être particulièrement élevés (plusieurs dizaines à plusieurs centaines de μg/m3) et avoir un impact à l’échelle régionale. Des niveaux extrêmes de PM10 supérieurs à 1500 μg/m3 ont par exemple été rapportés en Russie et Asie du sud-est". Sans atteindre de tels niveaux, les concentrations mesurées le 17 juillet à Nice lors du feu de Castagniers, situé à une vingtaine de kilomètres, ont atteint un maximum horaire de 300 µg/m3.

dispersion_incendie_var_mf.jpg
Déplacement du panache des fumées le 26 juillet

Un impact sanitaire réel mais encore mal connu

Il est cependant clairement établi que les particules d’incendies sont composées à 80% des particules les plus fines (<2.5 µm), certes propices à une meilleure dispersion mais pénétrant plus profondément dans le système respiratoire. Ceci explique les symptômes ressentis à proximité des incendies (yeux qui piquent, gorge qui brûle).

L'impact sanitaire des incendies de forêt est encore mal connu en raison des nombreuses substances chimiques recensées dans la composition des fumées de biomasse. Selon un rapport de l'agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, les fumées des feux de végétation à l’air libre1 peuvent être considérées comme au moins aussi toxiques pour la santé respiratoire à court terme que les PM10 de source urbaine. 

Aussi, comme pour toute source de pollution, il est recommandé de ne pas s’exposer directement aux fumées et de suivre les consignes des services de secours.

1 - ANSES, mai 2012, éditions scientifique, effets sanitaires liés à la pollution générée par les feux de végétation à l’air libre.