Chronique
22 juillet 2016
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Etat des lieux qualité de l’air

L’ozone, une pollution oxydante dont on peut se protéger

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Typique pollution d’été, elle est néfaste aux gens fragiles des bronches. La dynamique de l’ozone est compliquée, mais prévisible par Air PACA. Reste alors à s’en protéger avec un comportement adapté.

Du vinaigre dans les poumons ? Quand même pas, cependant nous parlons bien d’une « pollution oxydante » avec l’ozone. Elle arrive avec le soleil, et les personnes asthmatiques en entendent parler. Avec celle-là, il vaut mieux éviter de courir. Vous en respireriez de trop.

Sur le plan réglementaire, quand 120 microgrammes d’ozone par mètre cube d’air sont atteints voire dépassés durant huit heures et ceci 25 fois par an, l’administration considère qu’un seuil est dépassé.  Il s’agit de réagir. Mais cette pollution-là est vraiment compliquée à appréhender, et il est bien difficile de jouer sur ses ingrédients. Car elle est elle-même le résultat d’autres polluants, précurseurs, qui se mélangent et changent de nature.

« C’est un paradoxe » soutient Patricia Lozano, d’Air PACA. «  Les précurseurs viennent des villes, de leur pollution ; et pourtant une partie de cette pollution empêche sur les villes mêmes la formation de l’ozone ».  Ces précurseurs, ce sont les oxydes d’azote que diffusent les autos, et des composés organiques volatils, qui eux viennent de toutes sortes de pollution… et des essences végétales. « Tous se mélangent dans l’air, ou la lumière du soleil provoque une mutation ».

Pollution des villes, pollution des champs

Mais tant qu’on est au-dessus des dites villes, les oxydes d’azote eux-mêmes « consomment » l’ozone, l’empêchant de faire monter le pollumètre au plafond !

Par contre, à la campagne ! Le Vaucluse en sait quelque chose, où plus d’une fois, depuis le début de l’été, les seuils ont été dépassés. Ainsi le 24 juin dernier, avec 180 µg/m3 d’ozone dans l'air.

La faute au régime des vents de Provence, qui poussent les polluants au voyage aérien, et au soleil qui, chemin faisant, brise les molécules, et recompose cette soupe chimique en ozone, avant de laisser retomber celui-ci sur nos appareils respiratoires.

« Le matin une brise de mer pousse les polluants vers les arrière-pays, la Durance et le Vaucluse » poursuit Patricia Lozano. « Puis une brise de terre, ou un mistralet, rejetteront cette pollution vers le littoral ». Par vent d’est, la pollution de la région de Gênes répandra l’ozone sur Nice, celle de Turin sur Briançon.

Pour se protéger, éviter de courir l’après-midi d’été

L’affaire se complique avec l’émission de terpènes et d’autres composés organiques volatils qui, depuis les forêts alpines, rechargent parfois ces pollutions d’ozone. Certaines nuits, les nappes d’ozone qui devraient de disloquer, peuvent ainsi perdurer jusqu’au jour. Seul un coup de mistral, alors, rétablira la situation.

Un rapport parlementaire, dès 1996, avait conclu à l’impact de cette pollution sur les asthmatiques, dont les crises peuvent survenir plus facilement. Mais d’autres études ont montré que l’ozone affectait aussi les cultures. Le rendement du blé chuterait d’un quart avec les fortes pollutions d’ozone, à peu-près partout dans le monde.

Si on ne peut en protéger les champs de blé, les individus fragiles des bronches, tels les jeunes enfants, peuvent eux être mis à l’abri. L’ozone est provoqué par la lumière solaire, soit, alors évitez de sortir trop l’après-midi de juillet et août. Préférez le matin. Et la course à pied ou le contre la montre en vélo peuvent aussi attendre.