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4 août 2017
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Les particules ultrafines sous la loupe d’Air PACA : bilan granulométrique 2016

Manipulation sur appareil de granulométrie
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Que se cache-t-il derrière les particules fines et que peuvent-elles nous dire ? Depuis plusieurs années, Air PACA surveille de près ces éléments présents dans notre atmosphère dont les effets sur la santé ne cessent d’être démontrés. La composition, mais aussi la taille des particules fines passent régulièrement sous l’œil averti des experts d’Air PACA. Verdict pour l’année 2016.

Analyser les particules ultrafines : un enjeu de santé

Il a été démontré à plusieurs reprises que la toxicité des particules ultrafines dépend en partie de leur taille. En effet, plus la particule va être fine (petite taille) et plus elle va s’immiscer profondément dans notre organisme !

Ainsi, les particules ultrafines, de diamètre inférieur à 1 µm, peuvent atteindre les bronchioles et alvéoles pulmonaires, être transférées dans le système sanguin et toucher ensuite les différents organes.

PM10, PM2,5, PM1 : une question de taille
Après les PM10 (particules de taille inférieure à 10 µm), il existe des particules encore plus petites comme les PM2,5 (particules fines de taille inférieure à 2.5 µm) et les PM1 (particules ultrafines de taille inférieure à 1 µm). À partir des PM2,5, on parle de particules ultrafines capables de pénétrer dans les poumons. Ce qui signifie que ces particules peuvent pénétrer jusque dans les plus petites ramifications et les alvéoles pulmonaires. Les PM1  arrivent même dans le tissu pulmonaire et le sang et se répandent ainsi dans tout le corps, jusqu’au cerveau.

L’intérêt croissant pour les particules ultrafines a conduit Air PACA à mettre en place un plan de surveillance spécifique au-delà des exigences réglementaires et à se doter d’appareils spécifiques de mesures dont deux granulomètres qui permettent de compter et mesurer les particules capturées dans les filtres à air des stations.

 

Deux sites de mesure de particules opérationnels à Port de Bouc et Marseille

Air PACA a fait le choix d’installer deux granulomètres à Port-de-Bouc et Marseille (station de surveillance Air+ Cinq avenues) dans des environnements exposés aux particules fines. Le premier, sous influence des rejets industriels et des réseaux maritimes et autoroutiers et le second, en milieu urbain dense mais à proximité de végétation (Parc de Longchamp).

Plusieurs paramètres sont étudiés par ces deux sites où les aérosols atmosphériques sont passés au peigne fin :

  • Le nombre de particules et leur distribution granulométrique,

  • Les roses de pollutions pour une analyse des sources potentielles,

  • Les profils journaliers et le comportement de ces particules dans différentes situations.

Dans la continuité de l’année 2015, Air PACA a réalisé un bilan des mesures granulométriques en 2016. Les résultats sont également disponibles mensuellement dans  des bulletins spécifiques sur ce sujet depuis plus d’un an.

 

En 2016 : des particularités typologiques observées mais des niveaux similaires sur les deux sites

Les niveaux moyens annuels observés sur les deux sites (entre 7500 et 8000 particules/cm3) sont du même ordre de grandeur que ceux observés dans d’autres villes de France comme Lyon, Grenoble et Bordeaux.

Profils moyens de distribution des tailles de particules établis sur plusieurs sites du territoire français

Les niveaux horaires les plus élevés apparaissent à Port-de-Bouc, probablement en lien avec l’activité industrielle proche, tandis que les niveaux dits « de fonds » semblent plus élevés à Marseille, en raison d’une activité urbaine plus importante qu’à Port-de-Bouc.

Les résultats des mesures des particules ultrafines peuvent donner des indications intéressantes sur les sources de pollution : Pour  le  site  de  Port-de-Bouc,  les  plateformes  industrielles  de  Martigues/Lavéra,  du golfe de Fos, l’activité portuaire des bassins Ouest ainsi que les axes routiers sont des sources probables. Quant à Marseille, la  gare ferroviaire de Saint-Charles, le bassin du Grand Port Maritime et les axes de circulation représentent les  sources  potentielles de pollution. 

Les résultats montrent les rôles majeurs du trafic routier et, en été, du processus photochimique (rayonnement du soleil et forte chaleur) sur les concentrations de particules ultrafines.

Par ailleurs, le comportement des particules ultrafines a été examiné au cours de l’incendie du mois d’août 2016. Les résultats viennent confirmer la très bonne corrélation des niveaux de particules de tailles comprises entre 100 et 200 nm avec les niveaux de particules issues du brûlage de biomasse.

L’utilisation des granulomètres, pour améliorer la connaissance de la nature et des sources des particules fines, est ainsi confirmée.