Chronique
30 octobre 2017
Bois et déchets verts

Les collectivités face au brûlage de déchets verts

Brûlage déchets verts à Orres
Partager :

Cette pratique réglementée est très populaire mais génère une importante pollution de l’air. Communes, structures intercommunales et professionnels tâchent d’informer, organiser… ou réprimer pour limiter la nuisance. Mais des alternatives sont nécessaires.

Quand le fait est signalé en mairie des 11-12ème arrondissements de Marseille, un patrouilleur se rend sur les lieux, demande qu’on mette fin au brûlage de déchets verts, et informe de la réglementation.

A La Seyne-sur-Mer, c’est la police municipale qui veille. «  Nous sommes particulièrement vigilants quand le brûlage intervient près des zones boisées, mais nous avertissons tous les contrevenants » explique le chef du poste, Patrick Ducheix. « Je remarque que ce sont de plus en plus des professionnels, à l’occasion d’un chantier de construction par exemple. Depuis le début 2017 nous sommes intervenus 17 fois, mais n’avons dressé que deux procès-verbaux ». L’amende – de 430€, « a une vertu pédagogique certaine ! » mais reste rare, n’a été utilisée que parce que le risque induit était particulièrement évident.

Quelques kilos brûlés valent des milliers de kilomètre au diesel

Le brûlage de déchets verts est régi par une circulaire de 2011, précisée par divers arrêtés préfectoraux en 2013. Mais qu’il est difficile d’expliquer que cinquante kilos de branches et feuilles peuvent autant polluer qu’un véhicule diesel qui parcourt 6000 km !

Le risque incendie, lui, est très présent dans les préoccupations des collectivités ; alors que la pollution de l’air induite par le brûlage des déchets verts peine à être pris en compte.

Au Parc Naturel Régional du Luberon, Nicolas Bouedec est en charge de la politique des déchets de cet organisme voué au développement durable de 72 communes. Et pour lui le problème est complexe. « Nous communiquons sur l’interdiction de brûlage et sur les alternatives. Mais ici le problème commence… car le gisement est énorme. Or, les douze déchetteries du Parc n’y suffisent pas ; elles sont saturées ! »

Sébastien Gils, lui, se félicite du broyage organisé dans sa déchetterie d’Apt. « Nous livrons des agriculteurs bio avec ce broyat, qui vient essentiellement de particuliers taillant leurs plantes » explique le responsable de la déchetterie locale. « En fait il sont tellement nombreux que nous ouvrons le dimanche matin, et donc sept jours sur sept, en octobre et novembre, puis en mars et avril ».

Le broyage, solution évidente, mais parfois saturée

Préférez le broyage des déchets verts

Le broyeur composteur-individuel serait une solution à la saturation des nombreuses structures. C’est celle adoptée par Olivier, à Venelles, au nord d’Aix-en-Provence. La petite machine avale les rémanents d’oliviers et recrache des copeaux grossiers, bons pour le compostage. « Il me semble que ce qui vient de la terre doit y retourner, et ce sera très bien pour la végétation du jardin » affirme ce pilote de ligne, qui aime bien aussi reposer les pieds sur terre.

Il évite aussi, le sait-il, de possibles graves ennuis à ses voisins et à sa famille. Aux particules de bois brûlées s’agglomèrent de nombreuses molécules chimiques diverses, qui forment un cocktail toxique dans leurs poumons.

 

Une étude de l’Agence Française de Santé, en 2015, a montré que le niveau de particules dans l’air baissant, 4500 décès par an seraient évitables. Le bois brûlé y a sa part de responsabilité.