Chronique
8 septembre 2017
Transports maritime, aérien et ferroviaire

Le Port de Marseille abat ses cartes contre la pollution de l’air

Le port de Marseille sans fumées - GPMM
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Electrification des quais, scrubber mobile, et livraison de carburant GNL permettront aux compagnies maritimes de choisir leur méthode, pour respecter une réglementation en pleine évolution. Le GPMM accompagnera les armateurs pour limiter les émissions atmosphériques durant les escales.

Au premier juillet dernier le Grand Port Maritime de Marseille a innové en matière d’incitation à la vertu et au volontarisme « atmosphérique ». Le port marseillais accorde, depuis cette date, une prime aux navires dont les performances environnementales vont plus loin que ce qu’exige la réglementation. C’est-à-dire à ceux qui agissent en précurseurs pour réduire leurs émissions atmosphériques.

 

Christine Cabau-Woehrel, directrice générale du GPMM

Dans un premier temps, ce sont les porte-conteneurs et les navires de croisières auxquels s’ouvre cette possibilité. Le GPMM adopte ainsi la démarche  « World Ports Climate Initiative ». En 2016, selon le Grand Port, 236 escales auraient satisfaits aux critères exigés, dont 139 de porte-conteneurs, et 97 de paquebots.

« Cette prime, ouverte à compter de 2017, s’exprimera par un abattement des droits de ports, » précisait la directrice générale du GPMM,  Christine Cabau-Woehrel, lors d’une conférence de presse, le 19 mai dernier. Et pour 2018 elle annonçait un possible élargissement à d’autres catégories de navires. Avec un niveau d’exigence renforcé.

 

Volontarisme récompensé

Si le volontarisme est récompensé à Marseille, la réglementation, elle, renforce ses exigences en matière d’émissions atmosphériques.  Déjà, depuis 2012, les navires à passagers doivent utiliser un fioul à teneur maximale en soufre de 1,5%, au lieu de 4,5% auparavant.

Et s’ils restent à quai plus de deux heures, ce fioul ne peut contenir plus de 0,1% de soufre.

Le GPMM estime que son rôle d’autorité portuaire consiste à accompagner les compagnies maritimes, qui mettent en œuvre des solutions de réduction de leurs émissions. « Nous nous adaptons aux choix des armateurs », soulignait Christine Cabau-Woehrel.

Actuellement, ces derniers disposent d’au moins trois méthodes pour réduire leur impact sur l’air que nous respirons tous.

Ainsi le GPMM a-t-il électrifié les postes à quai, utilisés par la Compagnie Méridionale. Les navires de celle-ci, désormais, ne diffusent plus la moindre pollution. Seule expérience de ce type au premier janvier dernier, le quai de la Méridionale a été électrifié pour 1,5 M€, un financement essentiellement public. L’opération a permis d’effacer de l’atmosphère la pollution équivalente à celle provoquée par trente mille véhicules/jour. A Toulon, une darse d’accueil des navires croisiéristes, en projet, constituera bientôt un second exemple.

Le passage des navires du fioul au gaz naturel liquide est une seconde possibilité. Mais elle nécessite le changement, coûteux, des moteurs. Les compagnies se posent donc la question. Six navires seraient actuellement en phase de construction, dans les chantiers navals STX. On y prépare leur propulsion au GNL : quatre de la compagnie Costa, deux MSC. 2019 les verra déployés en Méditerranée, et ils feront escale à Marseille. « A Fos, nos terminaux méthaniers disposent de la molécule nécessaire à l’avitaillement des futurs navires GNL » a souligné Christine Cabau-Woehrel, le 19 mai dernier. Un avantage certain.

Des filtres à particules mobiles, disponibles sur les quais 

Enfin, le plus grand nombre choisira probablement le filtre à particules fixe. Certains armateurs ont déjà décidé d’équiper ainsi leurs navires. MSC le fera pour cinq navires de croisière faisant escale à Marseille en 2017. Dans un proche avenir le filtre à particules mobile, ou scrubber mobile, pourra faire partie des moyens de réduction des émissions dont disposeront les ports les plus avancés. L’appareil serait directement combiné aux systèmes d’évacuation de fumée des navires, qui ne changeront pas de type de carburant. La mise à disposition d’un scrubber mobile sur les quais du Port de Marseille est étudiée par le Pôle Mer Méditerranée. Il permettrait aux navires non encore équipés de limiter leurs émissions à quai, où la réglementation a des exigences particulièrement sévères.

Depuis 2004 le GPMM est membre d’Air PACA. Il a collaboré à plusieurs projets internationaux visant à réduire la pollution atmosphérique générée dans les ports de Méditerranée. Le partenariat que les deux entités ont validé en 2015, facilite le travail de modélisation des pollutions mené par Air PACA.  Les données annuelles de trafic, désormais disponibles, permettent cette avancée. Et Air PACA, qui accompagne les efforts du GPMM pour un air de meilleure qualité, permet à ce dernier de mieux évaluer ses efforts en faveur d’un air plus sain.