Chronique
28 juillet 2017
Air intérieur et habitat

L’air intérieur objet des attentions des professionnels du bâtiment

innovation_city Nice juillet 2017
Partager :

A Nice récemment, le salon Innovative City, dédié à la gestion énergétique urbaine intelligente, s’est préoccupé de la qualité de l’air intérieur. Petit rappel utile : nous respirons 100% du temps, et les huit dixièmes de notre vie dans un espace intérieur…

Parmi les causes d’une mauvaise qualité de l’air constatée dans les bâtiments de toute sorte, « nous savons que 68% des systèmes d’aération des logements individuels sont non conformes » souligne Suzanne Déoux. La marge d’amélioration semble donc monumentale, et regarde tous les métiers de la domotique, comme ceux de l’énergie.

Innovation city Mathieu Mme Deoux juillet 2017
Mathieu Izard (Air PACA) et Suzanne Déoux (Université d’Angers)

 

 

Médecin, Suzanne Déoux a créé pour l’université d’Angers, un master Ingénierie de Santé du Bâtiment. Nombre de professionnels aujourd’hui travaillant dans l’intelligence du bâtiment ou les réseaux de surveillance de la qualité de l’air, en sont issus.

C’est le cas de Mathieu Izard, collaborateur d’Air PACA qui, lui, traque les polluants de l’air intérieur. S’il peut enquêter dans tout type de bâtiment, il installe son impressionnante batterie d’appareils de mesure de préférence dans les écoles et autres lieux d’accueil de la petite enfance.

Et pour les jeunes enfants, la question de l’air intérieur est cruciale

Tous deux étaient parmi les invités à la conférence débat sur la qualité de l’air intérieur, organisée par EDF dans le cadre de l’Innovative City, à Nice, le salon des smart grids qui traite des enjeux d’avenir liés à l’énergie.

L’enjeu de la qualité de l’air intérieur regarde la santé de toute la population. « On se rend enfin compte que 100% des gens respirent 100% du temps, y compris dans les bâtiments » où ils passent tout de même 80% de leur vie, souligne avec une malice toute sérieuse, Suzanne Déoux.

C’est le cas des écoles et crèches où, de plus en plus, les gestionnaires font appels aux diagnostics d’Air PACA, avant d’imaginer des solutions.

Car, jusqu’à l’âge de sept ans, le système bronchique en évolution de l’enfant fait de celui-ci un enjeu primordial pour les professionnels du bâtiment. Pour le bien-être et la santé des plus jeunes, cette communauté professionnelle doit mener un dialogue permanent entre ses différents corps de métier : l’architecte, l’ergonome, l’énergéticien, et l’ingénieur.

Les professionnels du bâtiment tentent de faire du logement ou du bureau du futur un lieu où l’air respiré n’affectera pas la santé de l’habitant ou de l’usager.

L’immeuble témoin que construit et teste Nexity dans l’éco vallée de la Plaine du Var, le territoire de projets de la Métropole Niçoise, « illustre le postulat selon lequel les sources de pollution extérieure peuvent moins impacter l’intérieur des bâtiments si on fait ce qu’il faut pour l’éviter » souligne Vincent Calès, le chargé du Développement Méditerranée chez Nexity – Ywood Business. Pour cela le spécialiste du bâtiment durable veille au positionnement des bouches d’aération de ce Palazzo Meridia, disposées en fonction des vents, et de manière à optimiser le renouvellement de l’air.

Entre risque juridique, sanitaire, et nécessaire bon sens

Là, il est probable que l’essentiel du renouvellement de l’air intérieur sera effectué la nuit, période de moindre circulation automobile.

Les efforts des professionnels du bâtiment en faveur d’une meilleure qualité de l’air intérieur répondent aussi à une crainte. « Nous devons engager une transition de l’air comme d’autres une transition énergétique, à l’aide d’objets connectés. Une des raisons est que demain des groupes engageront des actions judiciaires quand la conception des bâtiments empêche le nécessaire renouvellement de l’air » soutient de son côté Emmanuel François, de Smart Building Alliance (SBA), un autre invité au débat.

Car le parc immobilier actuel, souvent conçu après les chocs pétroliers, favorisait le confinement à des fins d’optimisation énergétique. Mais plus on confine, moins l’air est sain.

Surtout lorsque, ainsi qu’en témoignait encore Suzanne Déoux, « dans une école, le système d’aération est coupé à fins d’économies pendant que le personnel fait le ménage à l’aide de produits d’entretien nocifs ».

Car la réflexion et la connaissance des situations, un peu de bon sens, restent et resteront la meilleure manière, hier comme aujourd’hui, d’éviter de respirer un air qui nuise à notre santé, à l’intérieur des bâtiments.