Chronique
8 juillet 2016
Santé, économie et social

Echec aux piqûres ! La DCA anti-moustiques peut se passer d’armes chimiques

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Les solutions chimiques contre le diptère piqueur sont au point, tant les répulsifs que les insecticides. Mais ils ne sont pas sans conséquences sur la santé humaine. Préférez-leur des méthodes qui protègent votre air intérieur et votre peau.

« Dès le mois de mai, ils apparaissent, et zou ! Tous, ou plutôt toutes sur moi ! Je ne supporte plus leurs piqûres ! » Avec Clémence C. qui vit à Saint-Chamas, on peut s’irriter de l’arrivée des moustiques. Les femelles, pour pondre avec succès quelques dizaines, voire centaines d’œufs, ont besoin d’un repas de sang. Le CO2 et le lactose que votre peau dégage, les attire à coup sûr.

Face à ces vampires, « j’utilisais un diffuseur, c’est très efficace ! Un composé de pyrèthre les repousse. Enfin je le croyais. A l’aide d’une loupe je me suis décidée à regarder la composition du répulsif. Il contient 0,88 % de transfluthrin… ».

Ce rejeton de la famille des pyrtéthrinoïdes peut provoquer nervosité, anxiété, voire des convulsions. Et un répulsif très efficace réputé anti-moustiques tropicaux, contient de l’icaridine à belle concentration, irritant pour la peau.

Chimique et efficace, contre le moustique et contre la peau

La plupart des études toxicologiques jugent prudemment qu’on n’a pas encore pu conclure à la toxicité de ces produits, pourtant souvent considérés par l’Office Fédéral Canadien comme perturbateurs endocriniens.

Certes, la revue Que Choisir, de l’Union Française des Consommateurs, en juillet-août 2015, expliquait quant à elle, qu’une utilisation quotidienne de la plupart des diffuseurs d’anti-moustiques ne provoque aucun risque accru de cancers. Mais elle soulignait aussi que « les risques de toxicité aigüe… sont bien réels »  (Que Choisir n° 538 p.30).

Les produits au DEET provoqueraient une irritation cutanée, des maux de tête, un gonflement des yeux. Bien sûr tout le monde n’y sera pas sujet, mais attention aux enfants, les plus fragiles à cet égard. En prime, il dégrade les matières plastiques, tel que montures de lunettes… un signe qu’il vaut mieux s’en méfier, en particulier si vous abritez des asthmatiques. Idem pour les produits au citriodiol. Mais ceux produits à base d’IR3535 semblent plus anodins, côté santé. Tous ces composants figurent sur l’étiquette du produit que vous achetez, mais il faut de bons yeux pour les repérer, écrits tout petit.

Le bracelet à la citronnelle, Clémence l’a aussi testé. « Il était vendu dans un magasin de vêtements de sports. Les moustiques attaquaient l’autre bras, et j’ai gardé deux semaines une marque rouge sur le bras protégé. » Les huiles essentielles offrent une protection très limitée, surtout dans le temps, mais ne sont pas sans conséquence sur l’organisme, en applications sur la peau.

Clémence, toutefois, utilise une recette de sa grand-mère, et veut croire qu’elle a un effet répulsif. « Je place trois clous de girofle dans une soucoupe, baignant dans cinq gouttes d’huile essentielle de citronnelle et autant de géranium ». Bonjour l’odeur ! Et pour plus de sureté, brûlez un cierge à Saint Flitox, patron des martyrs du moustique.

Sus au moustique ! Une politique de la terre brulée

Les jardinières en bord de fenêtres aux massifs fournis de géraniums n’arrêtent pas plus les diptères amateurs de sang, que le pyrèthre floral. Seule une espèce, non commercialisée, aux fleurs semblables aux marguerites, aurait un effet. Mais elle fleurit tous les deux ans, et reste à peu près introuvable. « Ce n’était pas faute d’essayer ! » insiste Clémence, qui a eu l’occasion, dans le temps, d’en obtenir d’un agriculteur, alors en contrat avec un fabricant d’insecticides.

La protection de fond la plus efficace reste de l’ordre de « la politique de la terre brûlée ». Il s’agit de perturber l’écosystème du moustique. Or celui-ci a besoin d’une eau stagnante pour déposer ses œufs. Et le jeune moustique, ensuite, n’ira guère à plus de 50-80 m de son lieu de naissance. Au niveau de votre jardin, ou de votre résidence, une action préventive reste donc jouable.

« Recouvrir de sable la flaque d’eau, éviter les fuites du tuyau d’arrosage, soulever son pot de fleur pour vider le sous pot une fois par semaine, c’est la base de la lutte anti-moustiques » révèle notre témoin de grande expérience, Clémence C.

Vêtement de lin et ventilateur plutôt que vaporisateur

Elle a aussi adopté un mode vestimentaire d’intérieur adapté : « je porte des manches longues, avec des vêtements légers, en lin ou indienne. Et eux, je les imprègne de répulsif, si l’horrible piqueuse fait entendre son von-von».

Le ventilateur aide aussi beaucoup. Le moustique est si léger que le vent le chasse loin de vous. L’air brassé par les pales du ventilo tout autant !

Enfin, un rideau léger lesté devant une fenêtre ouverte le soir, ou mieux une moustiquaire à fenêtre ou un voile sur le lit des enfants, offrira une protection efficace… pour leur peau, mais aussi pour leurs poumons.