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Depuis la région lyonnaise, le RNSA croise les données pour prévoir le risque pollinique. Appareils de mesure et analyse des données laissent leur place à des compétences humaines variées.

« Le milieu de journée sera marqué par de forts mouvements de pariétaires sur le littoral niçois, qu’une ondée calmera en toute fin d’après-midi. Le pays aixois subira, de son côté, une remontée des pollens de cyprès qui ne sera modérée, elle, qu’au cours de la nuit prochaine. N’oubliez ni vos masques ni vos antihistaminiques »

Non ! Les bulletins de météo pollinique en Provence ne ressemblent pas encore tout à fait à cela, mais qui sait demain ?...

Charlotte SINDT Directrice du RNSA

« Nous avançons sur le chemin de la prévision » confirme Charlotte Sindt, responsable du Réseau National de Surveillance Aérobiologique. C’est à Nice que ce système se construit le plus sûrement aujourd’hui. Un capteur de pollens Fidas200 (concepteur société Addair, Paris) y « aspire » depuis 36 mois les pollens sur le toit d’un musée public, au rythme et avec la force d’une respiration humaine moyenne.

Une application smartphone, Urban Pulse, elle développée par Veolia, utilise ces données pour informer les Niçois, du risque pollinique, entre autres. « Cependant l’appareil Fidas ne discrimine pas les pollens selon leur qualité » ajoute, depuis la région lyonnaise, Gilles Oliver, aérobiologiste dans le même réseau. « Aussi, nous analysons ceux-ci après coup ».

Mesures, météo, et analyses pour mieux prévenir les allergies

La surveillance pollinique, en Provence, compte plusieurs capteurs, souvent en milieu urbain, disposés sur les toits d’organismes publics ou semi-publics. A Gap, c’est la préfecture des Hautes-Alpes qui en abrite un. A Marseille il est placé sur le toit de l’immeuble qui loge Air PACA. Partenaire du RNSA, l’association agréée pour la surveillance de la qualité de l’air assure aussi la maintenance du matériel et la diffusion des données recueillies.

Car la surveillance pollinique débouche sur des prévisions basées sur le recueil de données, l’observation météorologique, et l’historique des épisodes de pollution pollinique précédents.

« Les pollens son récupérés sur une bande adhésive, une fois par semaine » relate Charlotte Sindt. «  Il faut ensuite analyser au microscope optique quelle est la part des différents taxons, c’est-à-dire des différentes essences. » En fonction des résultats, croisés avec la prévision de vents qui empliront l’air de pollens, et avec la connaissance historique des périodes auxquelles tel ou tel pollen est présent dans l’air, le risque sera déterminé. Tout un chacun pourra s’en informer …

Mais l’affaire n’est pas simple ; « Rien de ressemble plus à un pollen de cupressacée qu’un autre pollen de cupressacée…qui ne sont pas tous allergènes au même degré » souligne la responsable.

Le botaniste et le médecin indispensables à la prévision comme à la prévention

Aussi, les mesures appareillées, les analyses et la météo font elle une place à la bonne vieille observation humaine. « Nous avons des accords de partenariat avec deux jardins botaniques provençaux, situés de part et d’autre de votre région, à Antibes et à Avignon ». Que, là, on remarque que telle essence pollinise, et un email complétera immédiatement les informations croisées par le RNSA.

Mais les médecins, nombreux au sein du réseau de surveillance, donneront aussi des indications. Elles seront d’autant plus précieuses qu’elles proviennent de lieux déterminés, ceux où vivent leurs patients, à des moments clés, les jours où peau rougie et nez humide disent bien le problème.

Si, oui, la pluie épure l’air des pollens en suspension, les trente-deux vents de Provence, eux, vous les envoient au visage. Autan, lebech et mistralet emportent les pollens de fleurs. Et comme nombre d’espèces comptent sur le hasard de la brise, elles maximisent leur chances en gonflant leurs anthères pour libérer un maximum de grains microscopiques jusqu’à l’arbre suivant…ou jusqu’à vos poumons.