Chronique
2 septembre 2016
Outils de surveillance et information

Avec le FabLab, rêver ensemble pour respirer

penser globalement l'air n'est pas forcément austère
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Le FabLab d'Air PACA inauguré en juin dernier à Marseille, est un centre d'innovation coopératif, qui veut appréhender la problématique de la qualité de l'air de différentes façons. Pour cela, il mise sur le mélange des acteurs, des préoccupations, et sur le palpable.

Les ruches qu'a installées Air PACA près de ses locaux de Martigues sont connectées au réseau de surveillance de la qualité de l'air. « On saura demain si la qualité du miel est corrélée à celle de l'air » dit sans rire un technicien.

« Et en septembre nous créons une cabane d'enfants, avec les associations Les Petits Débrouillards et Espace Pluriel Jeunes, pour sensibiliser les enfants à la qualité de l'air intérieur », explique tout aussi sérieusement Anne Berlancourt, qui développe, à Marseille, le FabLab d’Air PACA.

« Un FabLab ? Disons un Laboratoire d'innovations dans lequel on peut fabriquer... » Venue du monde du Conseil, elle a été « scotchée » par la faculté de coopérer des Américains durant ses longues années de travail aux USA. Cependant la recette n'est pas compliquée : « chercher à comprendre les problèmes vécus et posés par les acteurs, et les mettre en situation de discuter ensemble ». Voilà ce qu'est un FabLab.

Montrer le possible et discuter le nécessaire

Celui-ci dispose d'un lieu, le 167 rue Paradis à Marseille, ouvert à la discussion, autant au grand public, aux scolaires, qu’aux urbanistes, ingénieurs et entrepreneurs que l'initiatrice de cette hybridation coopérative espère y voir cogiter ensemble. Le FabLab d’Air PACA a été inauguré en juin dernier. Air Paca en est un acteur évidemment important. « Le Fablab s’inscrit dans sa stratégie : c’est un centre d’innovation qui s’inspire des connaissances et des pratiques développées dans d’autres domaines et les adapte au service public : design, prototypage, innovation ouverte par exemple » précise Anne Berlancourt.

des habits qui disent la qualité de l'air via un smartphone

Non loin, dans le vaste espace avec bar, poufs et tables surélevées, Jonathan Baudin, son collaborateur, fait clignoter le revers de sa chemise. Doté d'une loupiote reliée à un boîtier accroché à sa ceinture, le « papillon » affiche la couleur : vert, l'air est de bonne qualité ; orange, ça se dégrade... « Un bon moyen d'intéresser les gens croisés dans la rue à l'air qu'ils respirent, non ? » En tout cas une préfiguration de ce qu'amènera à l'information du public les vêtements connectés. Les sacs à dos d'écoliers indiquent déjà s'ils sont bien sur le chemin de l'école, demain, vos tee-shirts vous conseilleront de changer de rue si vous êtes sujet à l'asthme.

« C'est par des applications, du montrable, des micro-projets, que nombre d'acteurs, qui ne soupçonnent pas toujours de l'être, vont proposer dans l'échange de quoi améliorer la société ». Pour Anne Berlancourt, comme pour nombre de ceux qui se préoccupent d'améliorer la qualité de notre air, faire la ville autrement, est une solution majeure. L'étalement à l'infini de notre urbanisme rend inopérants nos transports collectifs, les rues encaissées de nos centres anciens rendent difficile le brassage de l'air...Beaucoup de choses sont à repenser, autant les repenser en coopération entre gens de compétences différentes, mais animés par l'envie d'améliorer.

Ingénieurs, urbanistes et plombier zingueur ou aide comptable pour imaginer une solution respirable ?

penser globalement l'air n'est pas forcément austère

Vous avez une idée propre à surveiller, ou améliorer la qualité de l'air, dans votre cuisine ou dans votre usine ? Venez donc en parler autour d'un café. On pourra, pourquoi pas, voir à quoi ça pourrait ressembler, avec des logiciels appropriés, et avec une imprimante 3D...

« Montrer c'est intéresser les gens ; en retour, cet intérêt porté par un dessinateur, une mère au foyer ou un aide comptable, peuvent se transformer en idées pour demain ! » avec l'appui d'une maquette numérique du quartier, pour tester, soutient l'animatrice du « centre d'innovation » qui, par ailleurs, réunira pour les mêmes raisons l'urbaniste, le chimiste, l'élu et l'ingénieur. De l'échange pourrait émerger une idée de ville respirable.

Sous forme juridique SCIC (Société Coopérative ouverte aux collectivités publiques) Le FabLab d’Air PACA n'a pas fini de cogiter les possibles solutions pour un air qu'on aimerait sain. « Venez donc en parler lors d'une de nos soirées mensuelles ouvertes, ou dans notre atelier professionnel de prototypage. » Chiche !