Chronique
20 janvier 2017
Transports routiers

Avec l’auto-partage, moins de voitures en ville

Citiz voitures
Partager :

La coopérative qui gère la mise à disposition de 86 autos entre Marseille et Avignon, met en avant son réseau « Citiz », qui lui dispose de 1500 véhicules et rassemble 15 000 sociétaires en France. Le système se développant, l’impact sur la qualité de l’air serait plus important.

Yvon ROCHE, Directeur Citiz

« En fait Auto-Partage c’est une sorte de patch anti auto ! » Yvon Roche a toujours affirmé ses convictions d’écologiste de terrain avec une grande tranquillité. Le fondateur d’Auto Partage, au tout début de ce siècle à Marseille, peut faire état d’un bilan tout à fait satisfaisant. Avec 1300 sociétaires la coopérative jouit d’autant de solidarités convaincues que l’auto individuelle n’est pas l’unique solution du déplacement.

« Nos 86 voitures, toujours ayant moins de cinq ans et de plus en plus hybrides, évitent le stationnement d’environ 500 véhicules à Marseille ». Le calcul, Yvon Roche peut le tenter parce que ce système de location entre coopérateurs dissuade des dizaines de Marseillais d’investir dans un véhicule individuel à moteur, qui fatalement se retrouvera dans les parkings…ou sur les trottoirs, plus souvent qu’il ne faudrait.

 

Optimiser les politiques des collectivités locales submergées d’autos

Or, la place sans partage de l’auto en ville, voilà un casse-tête pour les gestionnaires de la chose urbaine. A Avignon, les responsables de la Ville ne s’y sont pas trompés, qui ont subventionné Auto-Partage, trois années de suite, pour compenser les pertes que ce système doit essuyer les premières années, le temps que le public commence à adhérer.

Le système d’auto-partage, permet donc d’optimiser les politiques des collectivités qui ne souhaitent pas multiplier les places de parking. Il peut-être résumé ainsi : des autos sont mises à disposition de sociétaires de la coopérative, mais aussi de simples adhérents au système ; ils les réservent, les empruntent dans un parking grâce à une carte à puce ; et les y ramènent. Ils paient un abonnement mensuel très modeste, et un prix au km parcouru.

La Régie des Transports de Marseille, qui réfléchit un éventuel partenariat, propose déjà sa carte Transpas (un équivalent du parisien Navigo) aux adhérents d’Auto Partage.

Depuis 2015, Auto-Partage a cependant tendance à gommer son nom historique pour laisser apparaitre la marque « Citiz Provence ». Ce réseau de coopératives similaires, à Strasbourg, Lyon et Grenoble, existe en fait depuis 2004. Mais désormais, sa force de 1500 véhicules et de 15 000 sociétaires impose un besoin de visibilité, pour gagner l’adhésion de nouvelles collectivités locales tentées par la réduction de l’empreinte automobile.

Plus le système croît, moins l’automobile individuelle pollue

« Soyons honnêtes, notre impact sur la qualité de l’air est encore anecdotique » souligne volontiers Yvon Roche. «  Nous touchons concrètement 0,3% de la population marseillaise. Pour une amélioration conséquente nous devrions gagner 80 000 adhérents à Marseille, qui feraient alors baisser le nombre d’autos individuelles de façon très réelle. »

Mais voici quinze ans, il n’y avait que trois véhicules. Depuis, l’initiative et son porteur ont fait du chemin. Et la mise en avant de la marque du réseau « Citiz » signe la volonté de diffuser encore plus l’idée et la pratique d’une urbanité moins marquée par la voiture, polluante, encombrante…et chère pour ses propriétaires, en carburant, assurances, stationnement et maintenance.