Chronique
12 juin 2017
Aménagement du territoire et plans actions
Transports routiers

Aix : un bus à haut niveau de service d’information sur l’air

BHNS : Bus à Haut Niveau de Service place de la Rotonde à Aix
Partager :

Le projet d’autobus électrique traversant la ville a été l’occasion d’une campagne de mesures aux enseignements importants sur la qualité de l’air et le confort sonore des Aixois. Le partenariat Pays d’Aix/Air PACA/ Acoucité permet aussi d’alimenter efficacement les concertations préalables aux projets urbains.

En 2016 et 2017 Air PACA a réalisé deux campagnes de mesures de polluants atmosphériques à Aix-en-Provence. L’une l’hiver, l’autre l’été, chacune durant quinze jours. Sur dix-neuf sites l’équipe d’ingénieurs et techniciens a cherché à qualifier l’air sur une ligne brisée qui va du nord de la ville au sud-est.

« C’est le trajet de notre futur autobus à haut niveau de service. Air PACA a déterminé dix points de mesure sur le trajet lui-même, et neuf autres dans les environs. A cette occasion, nous voulions bien comprendre l’impact de ce futur transport de passagers. Il aura des implications sur les déplacements aixois ».

Ce futur bus, électrique,  est supposé vertueux du point de vue de la qualité de l’air, comme de celui de la pollution sonore, elle aussi objet d’études particulières. « Nous profitons de ce projet pour qualifier l’air avant son ouverture » souligne Céline Sales, la chef de service Ecologie Urbaine du Pays d’Aix Afin de comprendre comment il pourrait jouer de manière positive sur la qualité de notre air, demain. Nous en profitons aussi pour étudier certains aspects de la pollution de l’air, telle qu’elle affecte les Aixois aujourd’hui dans les quartiers traversés ».

Partenariat au long cours

Le Pays d’Aix confie régulièrement des campagnes de mesures à Air PACA , depuis des années. « C’est un véritable partenariat au long cours, qui permet au Pays d’Aix de bien connaître l’environnement atmosphérique, et aide concrètement ses décideurs » souligne Dominique Robin, le directeur d’Air PACA.

Rien de théorique dans ce discours. Une école primaire du quartier d’Encagnane va être déplacée, car des mesures de qualité de l’air intérieur ont montré, dans un passé récent, que la pollution extérieure s’y engouffrait par trop, en particulier cette générée par l’autoroute proche.

Avec la campagne de mesure préalable aux travaux du BHNS, deux crèches ont  été diagnostiquées. Mais, à L’Atelier, près du grand axe routier Brossollette, comme au Petit Jardin, lui dans les hauts de la ZUP d’Engagnane, les niveaux de pollution sont conformes aux normes.

Le BHNS d’Aix-en-Provence doit, à partir de la fin 2019, amener les passagers du Nord de la ville jusqu’aux quartiers Est, en suivant un trajet  de 7,5 kms : entre Route de Galice et le nouveau parking aérien d’entrée sud de la ville. Il traversera les quartiers du Jas de Boufan, d’Encagnane, et longera les facultés. Une colonne vertébrale de tous les projets futurs de développement de transports collectifs.

Et qui devrait avoir un impact, souhaité positif, sur la circulation automobile, qu’il s’agit de modérer. C’est pourquoi Air PACA a choisi de s’intéresser au dioxyde d’azote, le NO2, qui trace justement la pollution automobile.

Aide concrète à la concertation

Céline SALES, chef du service d’écologie urbaine du Pays d’Aix

Les résultats ont montré que les dix sites mesurés sont touchés par la pollution automobile, soit qu’on s’y approche de la valeur limite réglementaire de 40µg/m/an, soit qu’on la dépasse. Ils ont aussi mis en lumière qu’à la gare routière d’Aix les résultats étaient meilleurs qu’alentour.

« En fait on pense que le code de bonne conduite des chauffeurs, l’approche à vitesse lente des autocars, pourtant nombreux, et la disparition des véhicules légers, donne de réels résultats sur la qualité de l’air » commente Céline Sales.

Le pays d’Aix profite de cette étude, comme d’autres, pour engranger des mesures.

« Ce type de travaux est aussi une opportunité pour que nous puissions alimenter demain la réflexion des décideurs » reprend Céline Sales.

« A l’occasion d’un autre projet d’aménagement, ils disposeront d’un état des lieux environnemental. Quitte à compléter alors par de nouvelles études ».

Etudes qui permettent aussi aux mêmes décideurs de dialoguer avec les populations riveraines. Justement aux environs de la Gare routière d’Aix, le comité des riverains nourrissait des inquiétudes compréhensibles. Les mesures effectuées par Air PACA ont permis d’asseoir les discussions sur la connaissance d’une situation concrète.