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Depuis 2014, Air PACA s’intéresse de près à la composition des particules fines. Ces particules fines (diamètre aérodynamique inférieur à 2,5 µm), composées notamment de « carbone suie » ou « Black Carbon », auraient des conséquences avérées pour la santé. Le suivi et l’analyse du Black Carbon, très présent dans l’atmosphère provençale, permet d’en savoir davantage sur ses particularités et ainsi mieux orienter les actions territoriales de réduction de la pollution.

Une analyse comparée de quatre sites de mesure à Marseille, Nice et Port de Bouc

Venant compléter la série des analyseurs de Black Carbon installés à Nice-Arson, Marseille-Cinq Avenues et Port-de-Bouc-La Lèque, Air PACA a déployé un nouvel Aethalomètre sur le  site de Marseille-Fourragère en mai 2016.

Ces quatre analyseurs effectuent des mesures directes et en continu pour suivre les concentrations en Black Carbon et les contributions de deux fractions de ce carbone :

  • La part issue de la combustion de la biomasse

  • Et celle issue de la combustion de combustibles fossiles (essentiellement le trafic routier mais également le secteur industriel).

Le suivi de ce composé sur une année et simultanément sur des sites de différentes typologies permet de mettre en évidence des distinctions et des similitudes aux niveaux local et régional.

Résultat : des profils particulaires variables en fonction des territoires et des saisons

Grâce à ces outils de pointe, Air PACA continue d’affiner ses connaissances en matière de particules fines. Les données récoltées sur le terrain permettent de dresser un portrait local mais alimentent également les réflexions au sein du réseau des AASQA.

D’après ces analyses, les contributions des activités humaines aux concentrations de particules présentes dans l’air sont différentes selon les villes : à Marseille, celles-ci sont principalement liées au trafic routier. A contrario, Nice et Port-de-Bouc, les contributions de la combustion du bois sont les plus importantes.

La contribution de la combustion de biomasse (chauffage domestique & brûlage des déchets verts) aux concentrations de particules varie en fonction des saisons.  En  hiver,  la  combustion  de  la biomasse  participe  pour  environ  20  %  de  la  masse  des  particules  primaires. En été, les  particules provenant de la combustion de biomasse, s’ajoutent aux aérosols secondaires et en composent une part non négligeable.

De  plus,  les  profils  journaliers  des  concentrations  en  Black  Carbon  montrent la variabilité des particules fines, en termes de quantité et de composition. En effet, en  période  hivernale,  les pics de pollution en lien avec la combustion de bois sont plus nombreux en soirée lors de la reprise du chauffage résidentiel, tandis que la combustion de combustible fossile entraîne des pics de Black Carbon aux  heures  de  pointe,  lors  des  trajets  domicile-travail,  en cohérence  avec  les  autres  polluants  liés  au  trafic  routier,  tels  que  les  oxydes d’azote (NOx). 

Enfin,  les  conditions  météorologiques  jouent  un  rôle  important  dans  les  concentrations  en  Black Carbon mesurées, et ce quel que soit le site de mesure. En l’absence de vent, l’accumulation des polluants entraîne une hausse de concentration en Black Carbon.

Etudier le Black Carbon pour donner les moyens d’agir sur la pollution

L’analyse du Black Carbon est une mine d’information pour caractériser la pollution et ainsi pouvoir agir sur ses sources. C’est pourquoi, Air PACA poursuit son analyse et intègre ces moyens de surveillance de façon pérenne. Aussi, c’est dans cet objectif qu’un analyseur a été installé au sein du site de surveillance « Air+ » à Marseille Cinq Avenue et qu’un analyseur a été installé dans une station mobile près de la L2, zone importante de trafic à Marseille.

Grâce aux connaissances issues de ces analyses, Air PACA donne les clés pour orienter et accompagner les décideurs dans les politiques publiques d’aménagement urbain, par exemple.

Cliquer ici (ou à droite dans les publications associées) pour consulter le rapport d’étude détaillé.

Le carbone suie ou "Balck Carbon" : Quésaco ?
Le carbone suie appartient à la famille des particules. C’est un composé constitué de carbone (C) dont la couleur noire absorbe le rayonnement lumineux. Il appartient aux particules fines PM2,5 (diamètre inférieur à 2,5 µm) mais se trouve principalement dans la partie la plus petite de celle-ci, les PM1, donc le diamètre est égal ou inférieur à 1µm (plus petite qu’une bactérie). Par ses propriétés chimiques et physiques, le carbone suie permet de mieux comprendre les comportements de la pollution particulaire liée aux sources de combustion.